|
|  |
|
Un homme de 50 ans Je cherche un homme de 50 ans, qu'a tout rêvé, qu'a tout perdu, Qui s'en est juste assez voulu, pour savoir que qu'il veut vraiment, Je cherche un homme de 50 ans, qu'a déjà juste assez d'argent, Mais que l'argent n'éblouit plus. Je cherche un homme de 50 ans, qui a déjà plu, déjà déçu, Et qui a fait juste assez d'enfants, pour être juste assez ému, Je cherche un homme qui a survécu, qui a déjà tout fumé tout bu, Qui a tout connu des femmes nues, un homme qui ne cherche plus. Je cherche un homme de 50 ans, qui sait ce qu'il n'a pas à offrir, Qui a plus de passé que d'avenir, mais qui enfin prend tout son temps, Je cherche un homme de 50 ans, qui est déjà préparé au pire, Qui sait c'que l'temps peut pas guérir, qu'a déjà vu trop d'enterrements. Je cherche un homme de 50 ans, qu'la vérité ne fait plus fuir, Qu'a le courage de n'pas mentir, sur ses foutus de sentiments, Oh oui un homme de 50 ans, qui ne se prend plus au sérieux, Mais qui m'aim'rait silencieusement, et qui le ferait de son mieux. Je cherche un homme pas trop solide, parce que personne ne l'est jamais, Un qui aurait juste assez de rides, et presque plus d'secrets, Je cherche un homme comme y'en a plein, mais j'les croise jamais, Un qui ressemble à mon chagrin, et qui peut-être m'attendrait, Un homme de 50 balais, peut-être plus, peut-être moins, Bien entendu un pas parfait, mais enfin un qui s'rait le mien, Peut-être pas pour toute la vie, mais pour quelques moments si vrais, Qu'au moins j'aurais pas le cœur détruit, chaque fois que je m'en souviendrai
|
| |
|
De terrorisme on nous accuse Si nous osons prendre défense D'une patrie sans eau sans air D'une patrie qui a perdu Sa tente et sa chamelle Et même son café noir. De terrorisme on nous accuse Quand nous décrivons les dépouilles D'une patrie Décomposée et dénudée Et dont les restes en lambeaux Sont dispersés aux quatre vents…, D'une patrie Cherchant son adresse et son nom… D'une patrie Où ni le rouge, ni le jaune, ni le vert Ne teignent plus les horizons…, D'une patrie qui nous défend D'écouter les informations Ou d'acheter quelque journal…, D'une patrie où les oiseaux Sont censurés dans leurs chansons, D'une patrie où, terrifiés, Les écrivains ont pris le pli D'écrire la page du néant…, D'une patrie Qui ressemblerait dans sa forme A la poésie Dans notre pays Sorte de langage égaré Improvisé Sans aucun lien avec les êtres Sans aucun lien avec leur terre Ni avec les problèmes Dans lesquels ils se débattent vainement, D'une patrie allant pieds nus Et sans aucune dignité Vers la paix négociée… De terrorisme on nous accuse Quand nous refusons notre mort Sous les râteaux Qui ratissent notre terre Qui ratissent notre Histoire Qui ratissent notre Évangile Qui ratissent notre Coran
|
| |
|
Et les âmes naïves racontent Que je suis entré dans le boudoir des filles Pour n'en plus ressortir. Ces gens réclament qu'on dresse pour moi l'échafaud Parce que j'ai chanté De ma bien aimée la beauté. Moi, je n'ai pas comme d'autres Fait commerce de haschish Ni volé Ni tué, Mais en plein jour j'ai aimé. Ai-je donc pour cela Dieu renié ? Les âmes naïves disent de moi Que mes poèmes Des enseignements du Ciel se sont écartés. Qui a dit que l'amour a attenté A l'honneur du Ciel. Le Ciel est mon ami : Il pleure quand je pleure Et il rit Quand je ris. Les étoiles, leur éclat augmente, Si un jour je suis amoureux. Qu'y a-t-il donc d'aberrant Quand je chante De ma bien aimée le nom ? Et quand je le sème à tous vents Comme une forêt de châtaigniers. Je continuerai ce commerce, Comme tous les prophètes Je continuerai, aède, A chanter l'enfance, A chanter La pureté et l'innocence, Je continuerai à décrire les beautés De ma bien aimée Jusqu'à fondre sa chevelure d'or Dans l'or des soirs. Moi - et je souhaite rester moi- Enfant qui barbouille comme cela l'enchante Les façades des étoiles 0 Jusqu'à ce que l'amour dans ma patrie Devienne comme l'air qu'on respire, Et que je devienne le dictionnaire Des étudiants de l'amour passionné Et que je devienne moi L'alphabet balbutié Sur leurs lèvres.
|
| |
|
Quand sauras-tu Mon cher monsieur Que je ne serai pas -Comme d'autres- Une de tes petites amies, Une conquête féminine Ajoutée au nombre de tes conquêtes, Un chiffre inscrit Sur les registres de tes comptes ? Quand le sauras-tu ? Toi, frappé d'indigestion, Quand sauras-tu Que je ne suis pas de celles Qu'impressionne ton paradis Ou qu'effraie ton enfer ? Quand sauras-tu Que ma dignité est plus précieuse Que l'or entassé dans tes proches, Et que le climat où mes pensées baignent Est bien loin de tes climats,
|
| |
|
Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va On oublie le visage et l'on oublie la voix Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie L'autre qu'on devinait au détour d'un regard Entre les mots, entre les lignes et sous le fard D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit Avec le temps tout s'évanouit Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va Même les plus chouettes souv'nirs ça t'as une de ces gueules A la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort Le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens Avec le temps, va, tout va bien Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va On oublie les passions et l'on oublie les voix Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard Et l'on se sent floué par les années perdues Alors vraiment... avec le temps... on n'aime plus Izabelle Boulay
|
| |
Page 1
Suivant >>
Blog mis à jour le 20/03/2010 à 13:09:35
|  |