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Chansons

Je cherche Un homme de 50 ans



Un homme de 50 ans


Je cherche un homme de 50 ans, qu'a tout rêvé, qu'a tout perdu,
Qui s'en est juste assez voulu, pour savoir que qu'il veut vraiment,
Je cherche un homme de 50 ans, qu'a déjà juste assez d'argent,
Mais que l'argent n'éblouit plus.

Je cherche un homme de 50 ans, qui a déjà plu, déjà déçu,
Et qui a fait juste assez d'enfants, pour être juste assez ému,
Je cherche un homme qui a survécu, qui a déjà tout fumé tout bu,
Qui a tout connu des femmes nues, un homme qui ne cherche plus.

Je cherche un homme de 50 ans, qui sait ce qu'il n'a pas à offrir,
Qui a plus de passé que d'avenir, mais qui enfin prend tout son temps,
Je cherche un homme de 50 ans, qui est déjà préparé au pire,
Qui sait c'que l'temps peut pas guérir, qu'a déjà vu trop d'enterrements.

Je cherche un homme de 50 ans, qu'la vérité ne fait plus fuir,
Qu'a le courage de n'pas mentir, sur ses foutus de sentiments,
Oh oui un homme de 50 ans, qui ne se prend plus au sérieux,
Mais qui m'aim'rait silencieusement, et qui le ferait de son mieux.

Je cherche un homme pas trop solide, parce que personne ne l'est jamais,
Un qui aurait juste assez de rides, et presque plus d'secrets,
Je cherche un homme comme y'en a plein, mais j'les croise jamais,
Un qui ressemble à mon chagrin, et qui peut-être m'attendrait,
Un homme de 50 balais, peut-être plus, peut-être moins,
Bien entendu un pas parfait, mais enfin un qui s'rait le mien,
Peut-être pas pour toute la vie, mais pour quelques moments si vrais,
Qu'au moins j'aurais pas le cœur détruit, chaque fois que je m'en souviendrai



mardi 2 mars 2010
23:32

Auteur : Lynda Lemay

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Poèmes

JE SUIS POUR LE TERRORISME



De terrorisme on nous accuse
Si nous osons prendre défense
D'une patrie sans eau sans air
D'une patrie qui a perdu
Sa tente et sa chamelle
Et même son café noir.
De terrorisme on nous accuse
Quand nous décrivons les dépouilles
D'une patrie
Décomposée et dénudée
Et dont les restes en lambeaux
Sont dispersés aux quatre vents…,
D'une patrie
Cherchant son adresse et son nom…
D'une patrie
Où ni le rouge, ni le jaune, ni le vert
Ne teignent plus les horizons…,
D'une patrie qui nous défend
D'écouter les informations
Ou d'acheter quelque journal…,
D'une patrie où les oiseaux
Sont censurés dans leurs chansons,
D'une patrie où, terrifiés,
Les écrivains ont pris le pli
D'écrire la page du néant…,
D'une patrie
Qui ressemblerait dans sa forme
A la poésie
Dans notre pays
Sorte de langage égaré
Improvisé
Sans aucun lien avec les êtres
Sans aucun lien avec leur terre
Ni avec les problèmes
Dans lesquels ils se débattent vainement,
D'une patrie allant pieds nus
Et sans aucune dignité
Vers la paix négociée…
De terrorisme on nous accuse
Quand nous refusons notre mort
Sous les râteaux
Qui ratissent notre terre
Qui ratissent notre Histoire
Qui ratissent notre Évangile
Qui ratissent notre Coran

mardi 8 décembre 2009
22:53

Auteur : NIZAR KABBANI

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Poèmes

ECLAICISSEMENT POUR LES LECTEURS DE MA POESIE



Et les âmes naïves racontent
Que je suis entré dans le boudoir des filles
Pour n'en plus ressortir.
Ces gens réclament qu'on dresse pour moi l'échafaud
Parce que j'ai chanté
De ma bien aimée la beauté.
Moi, je n'ai pas comme d'autres
Fait commerce de haschish
Ni volé
Ni tué,
Mais en plein jour j'ai aimé.
Ai-je donc pour cela Dieu renié ?
Les âmes naïves disent de moi
Que mes poèmes
Des enseignements du Ciel se sont écartés.
Qui a dit que l'amour a attenté
A l'honneur du Ciel.
Le Ciel est mon ami :
Il pleure quand je pleure
Et il rit
Quand je ris.
Les étoiles, leur éclat augmente,
Si un jour je suis amoureux.
Qu'y a-t-il donc d'aberrant
Quand je chante
De ma bien aimée le nom ?
Et quand je le sème à tous vents
Comme une forêt de châtaigniers.
Je continuerai ce commerce,
Comme tous les prophètes
Je continuerai, aède,
A chanter l'enfance,
A chanter
La pureté et l'innocence,
Je continuerai à décrire les beautés
De ma bien aimée
Jusqu'à fondre sa chevelure d'or
Dans l'or des soirs.
Moi - et je souhaite rester moi-
Enfant qui barbouille comme cela l'enchante
Les façades des étoiles 0
Jusqu'à ce que l'amour dans ma patrie
Devienne comme l'air qu'on respire,
Et que je devienne le dictionnaire
Des étudiants de l'amour passionné
Et que je devienne moi
L'alphabet balbutié
Sur leurs lèvres.


lundi 23 novembre 2009
18:06

Auteur : NIZAR KABBANI

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Poèmes

Quand sauras-tu




Quand sauras-tu
Mon cher monsieur
Que je ne serai pas
-Comme d'autres-
Une de tes petites amies,
Une conquête féminine
Ajoutée au nombre de tes conquêtes,
Un chiffre inscrit
Sur les registres de tes comptes ?
Quand le sauras-tu ?


Toi, frappé d'indigestion,
Quand sauras-tu
Que je ne suis pas de celles
Qu'impressionne ton paradis
Ou qu'effraie ton enfer ?
Quand sauras-tu
Que ma dignité est plus précieuse
Que l'or entassé dans tes proches,
Et que le climat où mes pensées baignent
Est bien loin de tes climats,



lundi 23 novembre 2009
17:46

Auteur : NIZAR KABBANI

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Chansons

Avec le temps



Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Même les plus chouettes souv'nirs ça t'as une de ces gueules
A la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment... avec le temps... on n'aime plus

Izabelle Boulay



vendredi 13 novembre 2009
12:10

Auteur : Léo Ferré

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