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Philippe - 1241248 
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lanserlia - 993217

Roche Jaille


Roche Jaille

Récit de D

10h : coup d'oeil sur la carte, au chaud à l'intérieur de la voiture, pour voir le cheminement de notre randonnée d'aujourd'hui : Roche Jaille.
Des militaires arrivés avant nous commencent à chausser - un randonneur solitaire revient déjà :
- "c'est comment ?"
- "Crouté !"

Ces propos ne sont pas enthousiasmants, pas du tout ! Ca inspire plutôt la galère pour la descente ! Tant pis, j'ai bon espoir de trouver encore de la poudre, vu l'orientation de la ballade et le froid qu'il fait.
Nous attaquons par un petit chemin, dans les bois, parfois un peu raide.
Vu que nous avons le rhume tous les 2, nos quintes de toux doivent réveiller les oiseaux encore endormis !
J’espère que le bon air pur de la montagne coupera court au nez qui coule et à la gorge qui racle... Ah ! Une intersection : quel est le bon chemin ? Une pancarte vieillotte en bois indique : "Chalets de la Buffaz"
- "On y passe " clame Lanserlia. J'aimerais bien ressortir la carte pour le confirmer mais mon esprit me dit de lui faire confiance. Ah, c'est dur de se séparer d'une éducation machiste ! Que voulez-vous, c'est dans les gènes... Alors, allons-y !

30 minutes plus tard, nous sortons de la forêt et, sur un plateau à découvert, nous arrivons comme prévu aux chalets. La femme a toujours raison ! Une fois de plus, dirait-elle !!
En tout cas, nous sommes sur le bon chemin, les militaires sont un peu plus haut, en train de nous faire une belle trace.
Le panorama est assez beau et, comme tout alpiniste regardant l’horizon, nous essayons de mettre un nom aux montagnes qui nous entourent.
Ce sont des sommets que l’on a fait, ou que l’on rêve de faire, que l’on fera peut-être un jour ou que l’on ne fera jamais… Certains réveillent des souvenirs. Il n’y a pas de bruit, le ciel est d’un bleu éclatant, aucun nuage à l’horizon. Là-bas, vers un col, des randonneurs montent…
Après un peu de thé chaud et quelques raisins secs, nous repartons. Nous reprenons le pas lent, régulier, répétitif, machinal, du randonneur en peaux de phoque, l’alternance des jambes et des bras. Parfois une conversion vient couper le geste, pour repartir dans l’autre sens. Plus on s’élève, plus le panorama s’agrandit.

Sur la droite, une énorme avalanche…

Récit de D et Lanserlia

Sa présence nous surprend. Aucun signe ne laissait présager un danger en ce lieu et nous rappelle qu’il n’y a pas de certitude en montagne. N’oublions pas de rester humbles devant la Nature…
Nous montons, nous montons, dans les pas des militaires, serpentant entre les croupes de la montagne.
Après 3 heures d’efforts, nous débouchons sur un large replat. Ici, surprise ! la neige, poudreuse jusqu’ici, devient croûtée, sculptée en vaguelettes par le vent des cimes.
La fatigue de nos rhumes respectifs nous rattrape : le sommet n’est pas encore visible, d’ici, et une belle pente se dresse devant nous… Nous n’aurons pas le courage de continuer. Nous posons les sacs et « attaquons » le saucisson au soleil, assis sur une pierre plate, face au Grand Perron des Encombres et à la Pointe de la Masse. Il est bon, le saucisson, ici !!!

Vient l’heure de la descente. Après avoir enlevé les peaux et serrer les chaussures, à nous la pof et la godille… et les cailloux qui affleurent parfois ou sont cachés sous la neige !

La consistance de la neige n’est pas uniforme.
Un des plaisirs du ski de randonnée consiste à rechercher, selon les aspects de la couche de neige, les endroits les plus agréables pour descendre. Ici, pas de dameuse pour lisser et rend

Sunday, March 13, 2005
9:58 PM

Oeuvre originale
Auteur : D et lanserlia

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lanserlia - 993217

Mercredi...


Mercredi....

Il avait neigé la veille. Le temps était gris, brumeux : les montagnes disparaissaient dans la grisaille hivernale.
Parfois pourtant il y avait quelques petites éclaircies.
Il n'en fallait pas plus pour partir : direction le col du Glandon.
La route n'est plus déneigée, au-delà du village de St Colomban des Villards. Nous avons chaussé là les skis de randonnée et nous sommes partis sur la route, en direction du col.

Nous étions les premiers ; personne, pas un bruit, même pas un chant d'oiseau : il floconnait légèrement, les oiseaux étaient à l'abri dans les arbres.
De temps à autre, un semblant de soleil nous parvenait, entre 2 nuées blanches.
Il fallait faire la trace dans cette épaisseur scintillante : 30 cm de neige légère, crissante sous les skis.
Devant nous, la vallée des Villards, déserte, silencieuse, entourée de ses montagnes familières.
Au début, nous avançons entre les arbres et arbustes qui bordent la route : couverts de neige, ils courbaient leurs branches vers nous et nous faisaient une haie en dentelle blanche ; étions nous au pays des Trolls ?
le féérie du moment, l'imagination qui se met à galoper et voila que l'on se surprend à guetter les petits lutins derrière les branches des noisetiers et des sapins....

Nous marchons ainsi pendant quelques heures, savourant le silence, le craquement de la neige sous les skis, le glissement des peaux de phoques sur ce blanc manteau.
Les flocons de neige virevoltaient autour de nous, comme pour nous accompagner dans notre progression.

Nous nous arrêtons souvent pour savourer le paysage : les nuages qui filochent entre les rochers, le blanc manteau étalé devant nous, un rayon de soleil pâle...

Après les arbres, les alpages s'étendent, immaculés devant nous ; la neige est plus profonde, la progression plus fatigante.

Après quelques heures, il faut penser à la descente - demi-tour : maintenant, nous avons le col de la Madeleine devant nous ; nous ne verrons pas le Mont Blanc qui le domine car le ciel est bien bas.

La neige est trop épaisse et la pente pas assez accentuée pour descendre à travers champs : nous reprenons nos traces de montée et nous laissons glisser doucement - les flocons, plus serrés nous picotent les yeux, un délice !

Nous verrons quelques chamois, sous un rocher dominant la vallée et quelques oiseaux dans un bosquet enneigé - toute la journée nous avons été seuls au monde : toute cette grandeur blanche rien que pour nous, tout ce calme et ce silence pour nos esprits agités, la majesté des montagnes caressées par les nuages pour nos yeux fatigués.

La montagne nous a encore donné de beaux moments de vie

Mercredi soir, nous étions heureux.


Saturday, January 22, 2005
9:44 PM

Oeuvre originale
Auteur : Lanserlia

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lanserlia - 993217

Le refuge de La Femma (1)


Le refuge de la Femma

C’était un mardi au bureau. Un mardi, encore une fois !
Il est entré, avec son sourire en coin et son regard pétillant que je connais si bien !
« Jeudi, la météo annonce grand beau temps… »

Nul besoin d’en dire plus : j’avais « capté » le message… J’ai demandé mon jour de congé et nous nous sommes retrouvés, jeudi matin, au début d’une belle journée prometteuse…

Nous avons remonté la vallée de la Maurienne, puis une partie de la Haute Maurienne, jusqu’à Termignon. Là, nous abandonnons la route nationale qui continue vers les stations de ski et l’Italie pour nous enfoncer dans le vallon de Bellecombe.

La route serpente à flan de montagne, à l’ombre. Des plaques de neige apparaissent et l’inquiétude avec : nous avons au moins 10 kilomètres à faire encore ; pourrons-nous atteindre le parking si la neige recouvre la route ?

Chacun de nous reste silencieux sur ses pensées et attentif à la route : quelques glissades, quelques dérapages, même un patinage qui nous oblige à reculer et reprendre de l’élan sur une portion de goudron pour passer en force une petite congère… Et puis la route contourne un vallon, quitte l’ubac pour continuer sur le versant au soleil : presque plus de neige, on respire !

Voilà le parking, immense, plein de vide, de soleil, de solitude, de promesse de belle journée ! Le parc de la Vanoise dans toute sa grandiose splendeur nous attend. Nous sommes seuls au monde : personne, pas un oiseau, pas un bruit, pas un humain. Nous sommes presque toujours seuls, dans nos virées…

Le parking se situe à 2307 m d’altitude. A gauche, une grande barrière rocheuse ; à droite, un vallon dominé par le grand Roc Noir et un col cher à mon cœur : le col de Lanserlia ; en face de nous, la petite route qui s’enfonce dans la vallée, en direction du vallon de la Rocheure et du refuge de la Femma, but de notre promenade. Tout autour de nous, la neige recouvre à peine l’herbe rase et les cailloux. Nous avons bien fait de ne pas prendre les skis de randonnée…

Il fait beau mais l’air est vif à cette altitude.
10 heures : les chaussures de montagne aux pieds, les gants aux mains, le sac sur le dos, départ vers la Femma.
Le médecin m’avait dit de refaire une promenade en montagne, histoire de voir comment allait se comporter mon fichu tendon ! mais quelque chose de « tranquille », pour ne pas trop solliciter le rebelle Achille !
Donc, Il avait choisi cette destination car peu de dénivelée, itinéraire en grande partie sur une route, donc pas de risques. Cette route dessert les chalets d’alpage ; interdite à la circulation, elle est goudronnée au début, se transforme en piste forestière ensuite et s’enfonce loin dans le vallon de la Rocheure.

En été, c’est un itinéraire agréable, peu accidenté et accessible aux personnes n’ayant pas un niveau sportif élevé.
Mais nous ne sommes pas en été ! nous sommes fin novembre, la neige recouvre en grande partie cette route et il fait frisquet ! !
Elle forme des dunes, la neige, au hasard des tourbillons du vent ; elle est poudreuse car il fait froid ici, la nuit surtout, et marcher dedans n’est pas aisé. Imaginez que vous marchez sur la dune du Pilat ou sur le sable meuble d’une plage et vous aurez une idée de ce que cela donne…
s

Tuesday, January 11, 2005
9:30 PM

Oeuvre originale
Auteur : lanserlia

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Blog mis à jour le 26/11/2020 à 22:25:15



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