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Ma bête.


Elle s’appelle Babou de Papignies du Clos des Grognard.
Son pédigrée remonte aux années 50.
Elle est belle comme un soir d’hiver, elle m’aime, j’en suis sur.
Pourtant elle s’exprime quelque fois en grognant quand elle n’a pas ce qu’elle veut.
Elle est douce et aime les caresses, au point que quelques fois elle ne se retient pas et urine de bonheur.
Elle me regarde faire à souper, et surveille tous mes gestes, en espérant que quelque chose tombe par terre, car elle sait que ce sera pour elle.
Assise à côté de moi elle m’observe pendant que je mange.
Elle dort 15 heures par jour en moyenne, mais garde fidèlement la maison quand je m’absente.
Elle aime regarder la télévision, couché devant elle, et se lève, s’approche et y colle son nez quand un passage lui parait intéressant.
Elle est noire, grande, et pèse 56 kilos ; elle fait peur à mes amis qui s’en méfient, mais elle ne demande que des caresses.
Si je la lance par des mots que moi seul connais, elle va tellement vite qu’elle n’a pas le temps de se rendre compte qui elle attaque ; elle défend le territoire de son maître.
Quand je rentre du bistro un peu éméché, elle ne rouspète pas, elle est contente de me voir ; elle sait qu’elle va recevoir un nonos.
C’est ma seule compagne à la maison, c’est ma bête, elle est noire, mais pas africaine.
C’est un doberman géant.



Thursday, January 08, 2009
7:20 AM

Oeuvre originale
Auteur : BODY

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Chez la Nicole.


On ne sait plus depuis combien de temps le bâtiment existe, moi je l'ai toujours connu.
Depuis des décennies il abrite un café restaurant-boucherie-charcuterie-dépôt de pain-mercerie-épicerie-tabac.
Une aubaine pour les personnes âgées qui trouvent là tous ce dont ils ont besoin pour (sur)vivre car il n'y a plus rien de ce genre dans les autres petits villages environnants.

Au bar, les fins de semaines, le pastis et les canons (verres) de vin coulaient à flot. Il n'était pas rare les samedis ou dimanches midi de vider une quinzaine de canons de blanc, rouge, rosé ou jaune avant de passer à table ou nous attendait un repas aussi copieux que bon et pas cher, préparé amoureusement par «la Nicole», une cuisinière d'exception.

Et puis, les copains, l'un après l'autre nous ont quittés, pour un monde que l'on dit meilleur.
Sur la trentaine d’ "anciens" il n'en reste qu'une poignée.
Le patron aussi est mort récemment, la patronne n'est plus en meilleure condition non plus ; elle compte fermer la maison, et ce sera la mort irrémédiable de tout un village.

Si un jour vous faites la route des vins de Bourgogne, surtout celles des Grands Crus, arrêtez-vous à Villers-La-Faye, dans les Hautes Côtes entre Nuits Saint Georges et Beaune.

Si c'est toujours ouvert, entrez vous mangerez excellemment pour 10€ vins et baguette de pain compris.

Si c'est fermé, faites une petite prière pour tous les petits vieux et vieilles qui, de part leur âge, restent maintenant cloîtrés chez eux.

C'est un endroit plein de vieilleries et de charme ancien, un endroit de convivialité et de rencontres.
Un endroit qu'on ne rencontre plus.

Thursday, October 23, 2008
11:05 AM

Oeuvre originale
Auteur : BODY

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L'homme et le temps.


Ce jour là, comme tous les vendredis, je fais mes courses au supermarché du quartier ; et comme souvent, je suis pressé.
Dans un rayon, j'ai devant moi un couple se déplaçant avec lenteur. L'allure que leur impose le grand âge est irritante ; j'aimerais passer devant mais leur caddie bouche le passage.
Dans l'urgence, je laisse le mien dans l'allée et fonce sur les packs de bouteilles d'eau ; j'en prends un, deux... Je n'ai pas entendu venir le couple qui derrière moi traîne les pieds sans bruit, et je manque de renverser le grand-père qui stoppe net alors que je manœuvre pour porter mes bouteilles dans le caddie.
Je suis confus et lance un bref "Ah! excusez-moi, je ne vous avais pas vu".
Le grand-père lève la tête, me sourit et d'un ton doux me dit : "Je vous en prie Monsieur, nous avons tout notre temps".
"Nous avons tout notre temps"... la phrase résonne dans ma tête.
Je termine mes courses mais arrivé dans la voiture, je reste songeur. Je repense à ce qu'a dit le vieil homme : il doit bien avoir 80 ans passés et il dit avoir le temps !
Quelle leçon pour tous ceux qui, comme moi, agissent trop souvent comme si leur dernière heure était proche...
Depuis je l'entends souvent me dire " nous avons tous notre temps". Maintenant, je me donne le droit d'avoir tout mon temps, car mon temps est à moi et c'est moi qui décide ce que je fais de mon temps et non le temps qui me guide ma conduite.


"Plus on va moins vite, plus vite on va moins loin"


Wednesday, October 22, 2008
11:39 AM

Oeuvre originale
Auteur : BODY

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Pas facile de faire une rencontre.


AVERTISSEMENT : Cette nouvelle n'est ni biographique, ni écrit avec les mots que j'emplois généralement. Mais pour la compréhension du texte je me suis un peu laissé aller.

On me demande souvent pourquoi je reste seul ? Ben c’est bien simple !

Déjà, tu fais une rencontre : je ne te parle pas des rencontres en vacance, là tu la sautes bonjour/bonsoir/salut, et tu vas visiter des ruines archéologiques.
Non, la vraie rencontre, celle qui va marquer ta vie.

D’abord t’invite une fille au restaurant ; bon, il y a des plats interdits ; une langouste ? (tombe bien je ne mange pas ça, mais suppose). Jamais une langouste ! T’as l’air d’un porc ; on te met une bavette autour du cou, et là tu te dis que t’aurais mieux fait de pas venir. Donc, mauvaise idée la langouste, ainsi que tous ce qui se mange avec les mains. Les spaghettis ? T’arrive toujours à faire une tache sur ta cravate ou ta chemise ; encore une mauvaise idée.

C’est comme aller aux toilettes chez elle la première fois.
Tu te dis : je vais quand même pas aller chier ici ! Surtout si elle a un petit appartement ; tu penses : zut ! et si ça pétarde; alors que tu viens de parler de littérature ou du dernier spectacle que tu as vu.
Alors tu lui dis : heu, je rentre chez moi.
Et elle : mais pourquoi tu rentres déjà, on est pas bien ici !
Et quand des jours plus tard tu la rencontres et tu lui avoues que t’es parti pour aller faire caca chez toi, elle te répond : mais pourquoi tu l’as pas dis ?
Comme si ça se disait ces choses là, à une première rencontre !

Tiens, supposons que tu passes les premières épreuves, vous couchez ensemble chez elle.
Le prout sous la couette, ça c’est un problème.
Combien de temps t’as mis à te dire : bon, j’y vais ou j’ai vais pas ?
Lancer d’abord une petite prout tranquille, en se demandant comment elle va réagir ?
Allez, t’y va d’une petite ; et puis tu te souviens que t’as mangé du cassoulet.
Ton petit vent se transforme en un tonnerre monumental ; tu sautes du lit en vitesse, et c’est à ce moment précis que ton anus se dit : feu vert ! Et avant que tu sois assis sur le pot il lâche la purée...
T’as une belle gueule avec ton slip plein de merde.

Tiens, c’est comme le vendredi ou le samedi soir (ou les deux) ; Tu lui dis que tu vas au bistro voir les copains, elle sait donc que tu y va; tu bois quelques pintes et tu rentres chez toi, et elle te dit : Mais tu as bu ! ! ! Non, j’ai juste été au bistro pour aller pisser ! Conasse.

Le prout et tous ça, on peut pas continuer toute une vie à faire des concessions de cet ordre là. Alors, au bout d’un temps tu te dis que réapprendre tous ces trucs, tous ces codes, c’est trop compliqué.
Ah non ! On ne recommence pas tout ça, hein !
Alors tu restes seul, voilà.
Et pour bien le prouver tu en lâches une qui soulève les draps, et tu crois que t’es heureux.


Saturday, October 18, 2008
8:41 AM

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Une vie en six jours.


Putain, qu'est ce qu'il m'est arrivé!!!

Ce matin je me suis levé et j'avais 60 ans !
Il y a 3 jours, je jouais encore au football dans la rue, avec mes copains; quand on en avait marre, on prenait son vélo et on allait voir l'avancement des travaux de l'école normale, sur laquelle était tombé un avion allemand. Le mercredi après-midi, on allait tous boire un coca au bistro chez Rose, pour voir les émissions enfantines à la télévision. On se demandait si cet appareil existerait longtemps car, quand on le regardait, on ne pouvait pas parler et nous, on aimait bien parler.

Avant hier, au boulot, j'ai reçu une augmentation, je pense que maintenant je vais pouvoir m'acheter une voiture; ce sera plus facile pour aller faire les courses le samedi. Et le dimanche, s'il fait beau, on pourra de temps en temps aller à la mer ou dans les Ardennes. - On ne se voit pas beaucoup car on travaille tous les deux, surtout moi; je suis rarement à la maison mais justement, on pense sérieusement, si ça continue comme ça, d'en acheter une d'ici quelques années. Si on fait un prêt sur 25 ans, on sera vraiment chez nous quand on sera pensionnés. - C'est la rentrée des classes, pour nos enfants c'est la première fois, j'ai presque envie de pleurer à leur place, mais ils vont se faire plein de petits copains, ça va passer. - Je voudrais m'acheter une nouvelle voiture mais je vais attendre un peu, cela fait 7 ans que les WE je travaille dans la maison, elle sera bientôt terminée et je dois encore acheter pas mal de matériel. De toute façon, comme on ne part pas en vacances et qu'on ne va plus jamais à la mer ou dans les Ardennes, une nouvelle voiture n'est pas vraiment indispensable.

Hier, pour mes 50 ans, j'ai donné une grande fête, j'ai invité toutes les personnes qui avaient pris une part importante dans ma vie; j'ai revu des copains que je n'avais plus vus depuis plus de 30 ans.
On n'a pas tellement changés, un peu plus mûr sans doute; et puis on a des enfants, une maison, une voiture. On parle aussi un peu de ceux qui n'ont pas eu notre chance ou qui ne sont déjà plus là. - Tout s'est bien passé, on a été contents de se revoir, on s'est bien amusés on se souviendra longtemps de cette soirée. Un resto ou deux puis la vie continue. - J'ai dû pousser un coup de gueule car il y a un peu de laisser aller dans ma société; si ces gens croient que la vie est facile et que c'est un long fleuve tranquille, ils se trompent. - Je suis devenu grand-père, depuis aujourd'hui, ça me fait un drôle d'effet et j'ai horreur de m'entendre appeler Papy, ça fait vieux je trouve.

Aujourd'hui est un grand jour, je vais fêter mon 60ème anniversaire en compagnie de mes copains et des gens que j'aime bien, j'espère que ça va bien se passer.

Demain, comme les autres jours, s'il fait beau, j'irai m'assoir sur mon banc; de toute façon j'ai rien d'autre à faire. - Mon chien est mort depuis longtemps, mes animaux aussi, et puis ça devenait difficile de m'occuper d'eux. - Je ne vais plus à Bruxelles, d'ailleurs qu'est-ce que j'irai y faire, je ne connais plus personne, les rues ont tellement changé et ma société, comme toutes les autres sociétés de gardiennage, a été rachètée par l'État. Comme les Bourgmestres n'avaient plus de police, on leur a donné nos hommes. Des agent de contrôle et de prévention qu'ils appellent ça maintenant. - De temps en temps, c'est ma petite fille avec ses gosses qui viennent me voir, ou alors ce sont "mes" bébés Doriane et Morgane avec leurs bébés. Oh je sais bien elles disent que c'est pour venir faire mon linge et repasser; aussi pour me dire qu'il fait sale chez moi et que heureusement qu'elles sont là. Mais moi je sais bien qu'elles viennent parce qu'elles reçoivent un peu de sous. De toute façon, je ne les prendrai avec moi. - Le village que j'habite, mon village, a beaucoup changé. Comme il n'y a plus de zone inondable, on a construit plein de nouvelles maisons et je ne connais plus personne. Je ne vais plus jamais au bistro pour voir les copains, ceux qui vivent encore sont trop vieux pour sortir; et d'ailleurs, il n'y a plus de bistro dans mon village.

Après demain je ne serai plus là; telle est la vie des hommes à l'heure céleste, le temps d'une rose; un peu de bonheur, beaucoup de travail et pas mal de chagrin aussi; mais ne le dites pas aux enfants, la vie leur appartient et il sera tôt assez pour qu'ils s'aperçoivent que la vie est dure et courte. Dites leur seulement ce qu'on ne dit jamais assez, ce que je n'ai jamais dit assez : Je vous aime; Je t'aime .....


Friday, October 17, 2008
10:36 PM

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Auteur : BODY

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