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Triste gâchis


Combien d’entre nous ont vécu ce genre de gâchis :

Vendredi soir, deux avis de lettres recommandés dans la même boite aux lettres avec injonction d’aller récupérer les courriers à deux bureaux de postes différents, ca commence bien !

Premier bureau fermé ! il est 10 heures du matin un samedi matin, renseignement pris il est fermé sans raison affichée depuis vendredi midi et devrait rouvrir lundi après midi ver s 15 heures dit-on… Pas de message officiel, juste des clients qui passent et se transmettent la rumeur en râlant.
Direction l’autre bureau de poste. Promenade !

Ambiance tendue, une foule occupe quasiment tout l’espace, les yeux fixés sur un panneau annonçant les numéros d’appel. Il y a quatre séries, toutes opérations, dépôts, retrait et banque, les gens arrivent et demande à la machine de nouveaux tickets en hésitant sur la série qui leur convient, toutes opération n’ira-t-il pas plus vite ?

Des murmures désapprobateurs commencent à gronder, car certaines files n’avancent jamais, et pourquoi certains passent devant !

Un agent au bureau des professionnels privilégiés - égalité ? - arrive à résoudre quelques « urgences » mais la foule est de plus en plus dense.

Manifestement débordées les agents appellent des numéros souvent absents car découragés beaucoup repartent avant leur tour, ils perdent du temps entre chaque appel à attendre. La mécanisation est censée leur faire gagner du temps !
Un nouveau numéro : C’est moi ! Alors une femme nantis de poussette et d’enfants tente de se frayer un chemin à travers la foule mais le temps d’arriver deux autres numéros ont déjà été appelés par l’impatience de l’agent d’accueil, litiges, « j’étais là avant ! », « faut vous bouger ma petite dame », « ca fait une heure que j’attends », les enfants pleurent à grand bruit. Frémissement dans la foule.

La tension monte encore d’un cran. Les riantes publicités contrastent avec ironie, vantant une qualité de services dont tous constatent l’absence, comment un mensonge aussi criant peut-il s’afficher avec tant de prétention.

Un « médiateur » parcourt la salle en essayant de calmer des clients de plus en plus énervés.

Des cris « bon sang ! Arrêtez de faire passer les retraits avant les dépôts de colis, cela fait dix clients qui me passent devant, faites votre boulot ! »
La chef du bureau, bien en chair, entre d’incessants allers et retour avec les bureaux derrière une cloison où doivent dormir les courriers en instances, peinant et soufflant à chaque fois pour monter et descendre une marche qu’un architecte peu malin n’a pas cru bon d’enlever, commence à élever la voix : « Calmez vous sinon je fais fermer le bureau ! » mais le ton de sa voix trahit cette impossibilité de peur de déclencher une émeute, sachant qu’en plus dès la réouverture le problème sera encore plus criant vu le retard pris !
Cris de colères, les clients se poussent les uns les autres pour dénigrer cette désorganisation. Les agents d’accueils sont au bord des larmes. « Pourquoi me regardez vous comme cela, je ne vous ai rien dis moi , c’est pas à vous que je m’adresse» vitupère une jeune cliente particulièrement agressive, échanges de mots, insultes, vont-ils en venir aux mains ?

Il parait que les agents déposent de plus en plus d’absences, où trouver la conscience professionnelle ou le goût du travail dans une ambiance pareille. Alors les autres agents, résignés bouchent les trous comme ils peuvent. La fatigue aidant de temps en temps l’un d’entre eux s’absente histoire de se calmer.
Chance, c’est mon tour ! « C’est n’importe quoi ce facteur, il marque de venir aujourd’hui alors que le papier date de ce matin, il faut attendre lundi après midi ! » Je renonce à dire que le papier date en fait de la veille contrairement à la date indiquée par un facteur qui manifestement n’a plus rien à voir avec le service du bureau. Comment fonctionne ce fameux service publ... heu ! devenu privé qui pourtant vante les bienfaits de sa banque postale, ou des timbres de toute beauté que peu de gens demandent.

Dire que si je ne récupère pas une lettre recommandée venue on ne sait d’où, ce sont peut-être de graves ennuis qui m’attendent. Comment faire si ce service la perd ou ne la retrouve pas, quelle preuve aurais je de ma bonne foi ! Pour d’autres ce peut-être plus grave, plus de droit au chômage, ou des pénalités de retard fiscaux !

Voilà où nous ont menés les cadors de l’économie, ces comptables soucieux de « bonne gestion », des gens très bien formés parait-il mais qui n’ont probablement jamais travaillé dans une poste. Je suppose que pour leur propre courrier, ils bénéficient de services différents. C’est cela l’égalité vu par ceux qui en profitent.

Quand vous racontez à vos enfants qu’autrefois il y avait deux distributions par jour, que le facteur apportait en liquide les retraites en main propres aux petits vieux jusque dans les étages dans des maisons sans ascenseur ou dans des fermes reculées au fin fond de la campagne. Que la poste était d’une telle fiabilité, qu’une lettre perdue et retrouvée était mentionnée dans les journaux ! Le cachet de la poste faisait foi !

Le facteur, comme l’instituteur ou le curé, était respecté et avait à coeur d’être d’une grande probité.
Je pense que nous faisons fausse route avec cette « Gestion » moderne qui détruit tout et n’apporte rien. Ce n’est pas aux comptables d’organiser, mais aux gens qui sont sur le terrain, et le mieux et l’ennemi du bien. Le bon sens n’a rien à voir avec une théorie aussi sophistiquée soit-elle. Une organisation construite sur le contrôle et non sur la confiance, perd tout contrôle et toute confiance.

Qui a demandé une réforme ? Pourquoi appelle-t-on cela progrès ?

Dernière participation le
Sunday, December 05, 2010
9:19 AM

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Blog mis à jour le 24/10/2021 à 16:40:22



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