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Le ch'ti bonnet

Impression :

(Détail)


En louchant furtivement vers le bureau, Mathieu fit tomber son bonnet, provoquant l'hilarité générale et pendant que tous les mioches se boyautaient sur leurs bancs en se refilant des coups dans les côtes, il revissa la couronne aux oreilles cartonnées sur sa tiête.
C'était un simple bonnet d'âne mais ils disaient tous "un bonnet d'Mathieu", sans doute parce qu'il épousait parfaitement son crâne et qu'il le portait régulièrement; il n'était pourtant pas plus sot qu'un autre, juste un peu rebelle et aussi très fâché avec la table des quate... mais à l'barraque, les tables ça servait d'abord à découper l'cochon. A cette évocation il ne put s'empêcher de tirer la lanque à cette grosse gourde d'Aglaë dont les cuiches grasses débordaient de la chaise et qui devait bien peser deux saisons de cochonnailles.
La grosse horloche marquait onze... planté depuis une heure tout près du chauffage et malgré une grosse envie de s'ajouquer pour calmer les fourmillements dans ses gampes, il jugea que la place était idéale pour lorgner dans le corsage en dintelle généreusement fourni de la maîtresse, occupation qui avait bizarrement tendance à déplacer le fourmillement vers sa biloute...
Hormis ses blanches rondeurs, ce qu'il aimait en elle c'était sa manière de déclamer les poésies et aussi les récits d'aventure pleins de flibustiers, de princesses exilées et de rivages inexplorés. C'était décidé ! plus tard il serait marin-poète, malgré la table des quate et toutes les autes.
C'est qu'il en aurait lui aussi des histoires fabuleuses à raconter à sa bielle après avoir écumé les océans jusqu'aux amériques... la maîtresse disait que là-bas, eux aussi avaient l'barraque !
Arriva enfin l'instant suprême et comme la maîtresse se penchait un peu plus sur son recueil de poésies en prenant une inspiration des plus excitantes, le flibustier et les lointains rivages s'évanouirent; un soleil aussi radieux qu'inattendu esclabottait la classe muette et Mathieu ferma les yux en s'appuyant au mur pour ne pas dinguer.
Ca parlait de duchesse et d'amoureux, d'une qui "avait mis des yeux bleus de la couleur de sa ceinture"... et lui, des abeilles plein la tête, aurait bien touché cette bouche en coeur qui distillait tant de jolis mots et humectait parfois une phrase plus longue que les autres d'un charmant coup de langue. Mais comme tout bonheur est éphémère sur cette terre, même entretenu par une sirène au corsage généreux, le bonnet d'Mathieu tomba cette fois dans un vacarme étourdissant, un tremblement de terre qu'on avait dû entendre jusque chez lui où ce soir, ça allait dinser un momint !


Enregistré le 19 Janvier 2009 à 15:20
par 2340257

Oeuvre Originale

Auteur :
Claude

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