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Et si c'était un rêve ...

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-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 15/10/2006 à 10:09 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
pas si souvent que j'écris si longuement... et de plus en épisodes...
serait-ce de lire ???
Louli, ppcarlow,...ou la panne de mes idées en vrac...
allez savoir!
peu m'importe... voilà pour vous...



Elle avait travaillé en hôpital, pendant plus de dix ans avant de devenir coach. Coach, c’est le titre qu’elle se donnait car elle avait vraiment le sentiment de participer à un combat. Et souvent, on venait la voir pour lui demander du soutien, ou juste sa présence. L’accompagnement des mourants, c’est par là qu’elle avait passé quatre ans. Elle avait le don de la patience, celui du courage. Mais cette vie ne l’avait pas endurcie, un rien lui faisait monter les larmes. Et ensuite elles suivaient le chemin, une rivière un fleuve semblaient trop souvent intarissables, du moins c’est ce qu’elle disait. Etait-ce l’accompagnement de sa mère, tout le long de ces jours, de ces éternités ? Etait-ce de voir ces familles déchirées ? Elle n’avait pas peur de la mort. Elle ne savait plus trop quel avait été le moment où c’était devenu de trop.
Mais faut-il parler d’extrême ? car le changement avait été lent. Elle avait ouvert les yeux vers d’autres portes qui s’ouvraient et lui montraient un autre chemin, une autre voie. Elle n’avait pas l’impression d’avoir tourné le dos. D’avoir rayé à tout jamais cette période. Car elle se sentait toujours l’aide, la guérisseuse,… aujourd’hui plus que jamais. On avait beau lui dire qu’elle baignait dans une rêverie, un monde utopique, qu’elle croyait voir et qui n’existait que dans la tête. Le jour de la chute, elle aurait bien mal. Pourquoi faut-il toujours que les autres vous disent que ce que vous faites est complètement fou.
Elle ne travaillait pas dans avec les déshérités par pitié. On dirait que c’était elle qui avait besoin d’eux. Amélie la regardait faire.
Amélie avait soixante-deux ans, elle habitait ce quartier de déshérités depuis toujours. Avait-elle été plus loin que l'allée des arbres? frontière de son quartier? quartier de drogués, de voleurs de voitures, quartier que tout le monde évitait.
-Sacrée bonne femme ! Tu n’as pas peur de venir me chez moi et me parler ! Pensait-elle.
Elle lui souriait, mais elle n’avait rien dit. D’ailleurs elle ne disait jamais rien.
Elle l’écoutait se présenter. Elle s’appelait Nadia, désirait raconter des histoires et apporter des boîtes de jeux. Tous les enfants aiment cela !
La vieille faisait la moue. Elle n’aimait guère entendre parler de ce qui lui manquait. La dignité des pauvres. Et même si cela était vrai. Elle n’avait pas de livre, pas de jeu. N’en avait jamais eu en main. Les seuls qu’elle avait vus, C’est ceux qu’Antonio utilisaient pour faire démarrer la flambée ; les cartons c’est plus facile, mais il n’en trouvait pas toujours.
-Tu me donnes des livres ?
-Non !
Nadia observait le visage de la vieille se transformer. Ses yeux semblaient briller d’une autre flamme, la perspicacité la métamorphosait.
-Pourquoi tu fais ça ? Un agacement était venu changer le son de sa voix sans que Nadia ne comprenne pourquoi.
j'vas voir demain on verra.


634723 Publié le 15/10/2006 à 19:49 supprimer cette contribution
oh génial! la plume écrivaine est contagieuse et en plus dans un univers si différent du mien, je vais me régaler

vas y démi !!!!!
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 15/10/2006 à 23:31 supprimer cette contribution
Amélie était vieille, et elle venait d'avoir soixante-deux ans, son visage était strié de rides... des rides profondes, comme taillées au burin. elles étaient si nombreuses, qu'on pouvait croire sa peau malade, on avait mal à sa place si on la regardait de trop près. Elle n'en souffrait cependant pas. Elle avait les ans difficiles, aucun bien à elle, juste un baraquement au bout d'un terrain-vague,et comme il était innocupé depuis si longtemps. Elle l'a squatté en attendant le jour où on leur dirait à tous de vider les lieux. Les voisins avaient bien tenté de la faire partir, elle et sa famille. Mais la propriétaire du terrain n'avait jamais porté plainte et les policiers ne pouvaient donc rien. Ils ne pouvaient les expulser sans demande expresse de la propriétaire. Etait-ce la compassion, ou l'indifférence qui la motivait. Jamais personne n'avait pu le confirmer. Et lasse, la police avait abandonné. Les voisins avaient fini par laisser tomber eux aussi. Mais ils se sentaient mal de les savoir dans leur voisinage.
Les années défilaient difficiles, bientôt Hélèna et Joachim auraient leur troisième enfants. Les années de plus en plus difficiles et le manque de travail, cela lui faisait mal... Mais pas sa peau ridée! Elle avait vieilli précosement. Mais elle aimait la vie, elle sourait tout le temps. Elle aimait a vie et était en vie...Et voulait le rester longtemps. Elle avait la rage au corps, une envie furieuse de rester longtemps encore avec les siens. Ses enfants avaient grandi et aucun ne l'avait quittée. Pas un ne l'aurait fait sans le sentiment de l'abandonner. Ses enfants grands déjà et mariés, avec les enfants déjà engendrés... Ils vivaient ensemble, dépourvus de tout mais pas de l'amour qu'ils se prodiguaient... Et était-ce ce seul bien reconnu de tous qui les rendait si dangereux... Gare à qui pouvait oser toucher à leurs trésors, leur enfant, leur vie,... Amélie se battrait toutes griffes dehors si quelqu'un n'avait que l'idée d'y penser.... Andy l'aîné, servait d"hommes à tout faire. Tonio, travailait dans une ferme. Mais le jour de paie, peu d'argent rentrait, il repassait au bar du coin. Et les quelques pièces gagnées partaient bien vite en pintes de bière... Katy sa femme, l'aimait malgré tout. Mais cela durerait-il? Amélie n'était pas prête à le jurer. A la voir marcher si menue aux bras de Tonio, Amélie avait le coeur qui fondait. Un fichu toujours noué dans les cheveux, elle avait l'air si souce. C'était avec elle qu'Amélie le soir étendue dans le divan, e adorait revivre le passé et en parlait à s'épuiser... Les heures filaient sans être comptées. Elle parlait de son passé, des voyages qu'elles avaient réalisés. Car avant, du temps du bonheur. Elle et Jorge, eux, les gens du voyage,du temps des chevaux et des caravanes alors qu'ils avaient la santé...
Mais Jorge avait été renversé par une moto. Il était resté à l'hôpital, lui le bel oiseau toujours libre comme le vent, n'a pu supporté sa paralysie et s'était laissé mourrir à petit feu...
Aujourd'hui encore elle glisse la main et sent encore son corps meurtri,couché à côté d'elle.
-Quelle misère! quelle misère! Mon Dieu,pourtant la vie est si belle, se répétait-elle telle une litanie, jamais lassée, jamais peinée...
1925550 Publié le 16/10/2006 à 21:39 supprimer cette contribution
J'adhère à 100%!
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 16/10/2006 à 22:53 supprimer cette contribution
Les plaintes et les demandes d'expulsion se suivaient au même rythme que les jours qui défilent...Les lettres s'entassaient sur les bureaux. Il y avait les enfants non scolarisés, le terrain était semblable à un véritable dépotoir. L'assistante sociale était déjà passée plusieurs fois. Une fois trop tôt le matin. Tout le monde dormait encore. Une fois vers 17 heures et Amélie l'avait reçue sur le seuil de la maison et était restée assise sans déserrer les dents, immobile, elle ne prononça pas un seul mot sous le regard des enfants tous rassemblés derrière la vitre du living L'assistante enfin partie faire sans aucun doute ses rapports à la hiérarchie. Personne ne pouvait comprendre. Personne n'avait le droit d'intervenir dans leur vie.
Une femme pourtant était admise et depuis plusieurs mois venait régulièrement et s'installait avec les enfants. Elle réalisait ce que tout le monde appelait sa folie.Elle n'y allait pas par pitié, elle avait un projet. Elle ne savait pas trop comment cela se passerait, elle ne savait pas comment elle s'y prendrait.Elle savait que la vieille l'acceptait mais elle ignorait qu'elle était toujours considérée comme l'étrangère, et serait toujours l'intruse, ...
Si elle entendait comment on parlait d'elle dès son départ, sans aucun doute ne serait-elle plus venue. Mais c'était grâce à cette ignorance qu'elle venait inlassablement tous les mercredis, regroupait les petits autour d'elle et entamait sa lecture. Quand sa voiture arrivait, les enfants galopaient autour d'elle telle une horde de mouches. Lorsqu'elle avait fini sa lecture et que les enfants filaient à droite à gauche et libéraient le terrain à la grand-mère qui lui offrait du café. Et pourtant elle n'aimait guère le café, surtout celui-là, amer, trop fort. Mais elle n'avait pas le courage de le dire. Tout comme elle n'osait poser des questions. Pourquoi les enfants n'allaient-ils pas à l'école? Comment s'appelait le petit bout d'chou qui s'accrochait aux jupes d'Hélèna? Pas une question, jamais, elle se contentait de répondre à Amélie. Sa vie se dévoilait par fragments. Tu as des enfants? un métier? un mari? Il te laisse venir ici? Pourquoi tu viens toujours?Tu n'as rien d'autre à faire? Tu es payée pour venir ici?
Pendant qu'elle servait le café, Hélèna lui mettait le bébé dans les bras. Elle les écoutait en souriant à l'enfant qui semblait aimer ces moments. Il semblait faire le lien entre ce qui se tissait alors de semaine en semaine. C'était un beau bébé, bien joufflu, dodu comme le sont les enfants bien portant de cet âge. Il sentait le lait et la douceur d'une peau de bébé avec un relent un peu sucré.
Pourquoi tu mets des pantalons? Une femme ne met jamais de pantalon! Tes cheveux qu'est-ce que tu leur as fait? Elle les avait coupé avant de venir et avait fait une permanente. Cela ne devait pas arriver souvent à Hélèna. Elle croyait qu'à son départ on parlait d'elle, qu'elle était le sujet de conversation. Mais elle se trompait. Ce n'était pas elle qui intriguait. Mais plutôt les livres. Les livres restaient un mystère. Am&lie aurait tant voulu en avoir un en main. Elle les avait observés. Nadia les tenait toujours entre les mains et le retournait parfois pour montrer les illustrations aux enfants. Elle venait avec une caisse de livres et ensuite les rangeait avec précaussions, mais jamais elle n'en laissait. C'étaient les livres qui la faisait rêver. Amélie ne savait pas lire
-Elle vous donne jamais un livre demandait-elle aux enfants?
Ils hochaient la tête. Nadia était partie avec la caisse et reviendrait la semaine prochaine.
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 18/10/2006 à 13:26 supprimer cette contribution



Ils lisaient sur le seuil de la maison, jamais elle n’était entrée dans la maison. Pudeur ou angoisse ? Les impressions se mêlaient et elle ne parvenait pas à les dépasser. Quand il faisait mauvais, les enfants se roulaient dans les couvertures et reprenaient inlassablement leurs places sous le porche à la place de ce qui fut une balance dans un temps qui paraissait si lointain. Elle buvait peu de café, inquiète de devoir aller aux toilettes. Pas tant par le manque d’hygiène qui peut être prenait toute la place, mais la vague impression qu’alors elle rentrerait dans leur intimité. Ce dont elle n’était pas prête encore. Il approcha du placard à balai un peu inquiet de ce qu’il risquait d’y trouver… continua Nadia en interrompant sa rêverie. Elle racontait un conte de sorcière comme aimaient tous les enfants. Elle sentait l’épaule du petit Sandro contre sa hanche, le pouce en bouche il semblait boire ses paroles. Il se serrait contre elle comme s’il avait peur à la place du héro. Les journées devenaient de plus en plus froides. Que ferait-elle lorsque la température baisserait encore ?
La semaine suivant, il pleuvait, elle les fit rentrer dans « l’Espace » elle lisait et tenait le livre haut afin que tous puissent voir les images. « sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière ! » les enfants chantonnaient les paroles avec elle et se laissaient bercer par l’histoire lorsque Angèle dit « Je dois faire caca ». « Va ma Belle, nous t’attendrons pour la suite ». Lorsqu’elle revint, une bouffée d’air glacé entra et par la même occasion une odeur … « Tu pues, cria son frère, beurk, tu chlingues ! » Nadia n’eut le temps que de dire « Ne t’inquiète pas ce n’est pas grave ! » qu’une vague de rire les submergea tous et Angèle s’enfuit en larmes. Nadia était bouleversée, elle savait que ses paroles étaient idiotes. Ce n’est pas ainsi qu’elle ferait revenir l’enfant.



1856947 Publié le 18/10/2006 à 13:33 supprimer cette contribution
andemil, elle est triste ton histoire mais si belle de vérité
634723 Publié le 18/10/2006 à 14:20 supprimer cette contribution
c'est vrai que c'est triste et surtout si loin de notre petite vie confortable

en tout cas moi j'attend la suite avec intérêt!
1856947 Publié le 19/10/2006 à 07:58 supprimer cette contribution
andemil, toujours contente de venir ici et on attend aussi la suite
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 10:29 supprimer cette contribution
TRISTE???

oui...
la réalité est toujours un peu triste...
j'y mêle un peu de ma réalité avec une bonne dose d'une réalité...une autre qui m'était proche mais pas tout à fait la mienne... Les personnages ont bien existé...

mon boulot (ex) m'a fait rencontrer des gens vivants dans le plus complet dénuement... là où les émotions extrêmes se confondent,se côtoient...
à la fois une infinie tendresse et une extrême violence... Un refus catégorique de se mêler aux autres et laisser entrer les "étrangers" et une extrême tolérance pour les différences, une confiance sans limite lorsqu'elle est donnée... C'est difficile de communiquer un vécu qui semble venir d'une autre planète... l'ambiguïté est à présent en toile de fond... où le danger est toujours présent... mais je n'ai jamais été agressée physiquement... mais j'ai assisté à des bagarres violentes... j'en tremble encore aujourd'hui...

je vais tenter de continuer...
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 11:09 supprimer cette contribution
Ainsi les livres arrivaient et repartaient avec le même rythme en voiture. Les enfants à l’affût plongeaient dès les premiers sons du moteur. Ils l’entendaient arriver de loin, d’abord par derrière la maison, car elle devait remonter la longue pente et le son du monteur montait vers la maison et s’amplifiait dans le tournant quand la voiture changeait de régime pour entamer le virage en tête d’épingle. Ce n’était pas là qu’il fallait rater le changement de vitesse en passant en première ou à coup sûr la voiture calerait. Ensuite la voiture devait traverser une immense place déserte et s’arrêter devant la barrière de bois. Celui qui n’était pas du coin ne pouvait imaginer qu’une famille entière… trois générations d’êtres humains vivaient dans ce lieu sinistre.
Quand elle arrêtait le moteur, les enfants étaient là sautillant comme des puces et hurlant à qui mieux mieux. Chacun y allait de sa revendication. L’un voulait réentendre l’histoire de mercredi dernier, l’autre exigeait une nouvelle histoire qui l' emmènerait dans un nouveau monde de rêves. Et lorsque se terminait l’histoire s’approchaient alors les mères. Katy lui mettait systématiquement le bébé dans les bras, lui offrait son bien le plus précieux. Comme si c’était sa manière de dire. Merci pour ce que tu fais aux enfants. Car les enfants étaient leur seul bien sur terre; leur seul trésor. Nadia prenait l’enfant, le berçait. Katy riait de le voir pétillant de vie,il se trémoussait quand il était dans les bras de Nadia. Elle lui parlait au creux de l’oreille, et lui serrait ses bras autour du cou comme pour l’empêcher de s’éloigner… Nadia sentait une certaine allégresse dans cet instant où elle sentait une harmonie entre les gens présents.
-Les enfants cela vous change, dit Amélie d’une voix un peu cassée par l’émotion de l’instant.
Cette sentence fit rire les mamans et elle servit le café un sourire aux lèvres signe de son bonheur
Les hommes eux, restaient toujours au loin, surveillant du coin de l’œil. Mais pas un ne s’aventurait à approcher comme si ce qui se passait n’était pas l’affaire des hommes.
-Ils sont sages avec toi les enfants, disait katy. Ils sont jamais comme cela avec nous. Tu racontes bien les histoires. Dis, ta jupe, tu me la donneras quand tu la voudras plus.
Elles avaient l’art de passer d’un sujet à l’autre avec un entrain que Nadia avait souvent du mal à suivre. Et elle écoutait ce babillage avec plaisir et ensuite rentrait chez elle, pour revenir la semaine suivante toujours contente, toujours fidèle.
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 11:52 supprimer cette contribution

Elle aurait tant voulu poser des questions, mais elle ne l'osait. Elle avait peur de briser le lien. Pourtant elle se rendait compte qu’il lui était maintenant impossible de cesser de venir. Les enfants l’attendaient ; les mères lui parlaient, les hommes la surveillaient et Amélie lui souriait. Trop tard pour faire marche arrière et impossible de faire un pas vers autre chose. Nadia sentait l’angoisse l’envahir lorsqu’elle échaffaudait des plans pour tenter autre chose. Jeannot, Angélique et Sandro devaient aller à l’école. Elle aurait voulu savoir pourquoi ils n’y allaient pas. Elle aurait tant voulu le savoir mais ne l’avait jamais demandé à sa mère.

Nadia avait froid, Amélie ne semblait rien sentir, pourtant elle était assise à même le sol. Ses cheveux hérissés, sans doute jamais peignés, les dents…ah ! les dents ! comment peut-on avoir de telles dents, à ce point de destruction? Nadia les fixaient, hypnotisée.
Etait-ce le froid qui la faisait agir de la sorte. Elle savait qu’on ne fixait pas ainsi les gens.

-T’as froid ? Rentre chez toi. Tu reviendras une autre fois.


ET Nadia ne manquait pas un mercredi. Elle arrivait avec sa caisse de livres et repartait après l’histoire, le café et les longs moments d’écoute des mamans.

-T’as quel âge ?
-Cinquante-deux ans.
Cela on lui avait déjà demandé plusieurs fois, mais elle ne dit rien.
-Tu es bien jeune! A cet âge, chez nous on est détruits, continua Amélie. Tu es bien jeune, tu fais très jeune. Pourquoi tu fais tout cela ? t’es payée pour faire cela ?
-Non !
-Tu es jeune, tu es belle, tu vois, moi j’ai soixante-deux ans, dix ans, une éternité...
Amélie parlait sans regret ni amertume, elle parlait comme on récite, d’un ton monocorde.
Parlant comme si elle savait comment le monde tournait, comment il était fait. Comme si sa connaissance était vaste. C’est le temps qui nous détruit. C’est le temps qui nous dépouille de tout, de tous. On n’a pas à lutter, se battre, on doit juste s’y habituer, attendre,le laisser passer.
Le temps nous colle à la peau, tout comme notre misère.
Elle parlait d’elle, de sa vie, de son Jorge perdu trop tôt de ses fils qui n’avaient pas de travail régulier, des femmes, des enfants.
Au début, il y a la beauté, l’amour, mais tout se ternit. Elle lui montra ses bras, sa peau flétrie, pleine de cicatrices, de marques du temps,… Les hommes étaient détruits, bien plus que leurs femmes... fatigués, d’attendre, …parce qu’obligés de ne rien faire. Personne ne les attendait, personne n’avait besoin d’eux. Ils n’étaient même pas rejetés, ils étaient ignorés. Comme s' ils avançaient dans la vie tels des fantômes. Ils étaient là toujours en retrait ne se manifestant que pour demander la nourriture, demander l’amour, dans un même élan obstiné qui chaque soir les poussait à ce harcèlement que manifestaient leurs désirs. Et tout cela reçu, assouvi, ils repartaient à leur vie d’hommes, de mâles, et continuaient leurs palabres. Une vie d’hommes égoïstes, s’intéressant au sport, aux voitures,…et se plaignant des femmes qui hurlaient, se refusaient, espéraient autre chose que ce qu’ils pouvaient leur offrir.
-C’est cette vie, cette puta.in de vie... accusaient-ils lorsqu’ils avaient frappé trop fort un enfant.



1856947 Publié le 19/10/2006 à 12:52 supprimer cette contribution
andemil la vie est un fleuve qui ne s'arrête jamais, jamais.
La vie dans son ensemble, nous apporte chaque jour son bon fruit et son mauvais sort
mais dans toute une vie, il y a tant de belles histoires
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 13:04 supprimer cette contribution
oui...cassilli... la vie= tant de belles histoires... tout comme celle-ci...
qui sous un manteau sombre...cache tant d'amour, de tendresse malgré la violence malgré les impressions...
mais on ignore toujours ce que les gens vivent, ce que les gens pensent...
même quand on les côtoie...on ignore tout d'eux... de la flamme qui survit, qui brille encore et toujours...
quoi qu'on dise,
quoi qu'on fasse,
quoi qu'on en pense...
à toi...

pour toi une remontée de mon passé ...

La vie en vaut bien le coup

Mon père est né au Nord
Ma mère s'est envolée du Sud
Je suis née dans ce pays
qui vire au noir, qui vire au gris
noirs les Corons, grise la pluie
le soleil rare et la terre qui les séparent.

Sa vie souterraine
à pousser les fourgons
elle, sa vie pas très sereine
sa vie ne tournait pas rond
Mais l'enfance
cette vie d'insouciance
à braver la misère
sans jamais vraiment s'en faire

J'ai croisé bien des gens
leurs différences et leurs accents
Ils n'étaient pas du même pays
mais la misère les a unis
Ils n'ont jamais baissé les yeux
ce soir, je pense à mon vieux
la larme à l'oeil il se disait heureux

même si parfois la bière
il la trouvait parfois amère

il repensait aux uniformes noirs
qui hantaient souvent sa mémoire
tout ce qu'il ne voulait pas qu'on retienne
mais en parlait pour qu'on comprenne
son chagrin était si fort

Mais là bien vivant sur ses 2 pieds
avait vaincu la guerre, la mort
se sentait bien vivant et fort
avait un travail plutôt lourd
une famille qu'il aimait chaque jour
chaque jour de plus en plus fort
c'était sa famille son seul confort

et s'il devait respirer le charbon
foutre en l'air santé, poumons
et s'il trouvait sa bière
parfois trop sombre, trop amère
Il nous transportait jusqu'au bout de ses rêves
c'était sa façon de nous guider
sans une contrainte, sans nous obliger
suivre une voie, la seule la vraie,
celle que tu choisis ma fille
celle du coeur,celle des honneurs
suivre sa voie, il faut y croire
c'est cela la vie

C'est aujourd'hui, papa je t'ai compris
Je sais mesurer enfin ce que tu as abandonné
tes biens, ton père,tes ambitions,
ton titre, tes prétentions,
pour les doux yeux de ton amour
tu as passé tes journées sous terre
remontant le noir de ta vie
à la surface de tes émotions
tes yeux si lumineux
me restent en souvenir:
deux trous blancs béants
émerveillant tes enfants,
éclairs de joie sur la vie
qui illuminent encore mon coeur

j'ai enfin compris mon bonheur
heureux anniversaire, mon cher père

Je bois la vie comme toi ta bière
que tu trouvais parfois amère

et tu disais...
"allez encore un p'tit coup
la vie en vaut bien le coup"






1856947 Publié le 19/10/2006 à 13:35 supprimer cette contribution
Merci andemil pour ce magnifique texte, il nous apporte beaucoup, se connaître, ses vraies valeurs, ne demander qu'un peu d'amour et savoir donner ce don de soi.

Oui, il avait bien raison ton père dans ses paroles, on gagne tout à voir la vie sous une autre forme et dans le respect
Le lit de cette terre est son secret mais dans son coeur, il restera, ce père que tu as aimé
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 14:05 supprimer cette contribution
père que j'ai aimé???
ah! oui...
mais bien trop tard...
quand le quotidien se fait dans la survie...
on montre si peu de sentiments...
comme si la tendresse ne pouvait côtoyer la misère...
ce n'est que trop tard que j'ai compris...
que l'amour... se trouvait dans le regard...
ces deux grands yeux cernés de noir...
tu as déjà vu les yeux d'un mineur??? même la vé, récuré, il lui reste un tour des yeux d'un noir si intense qu'il semble avoir pénétré les muqueuses ...
mon père aimait la bière... en était imbibé...
ambiguîté réelle...
il la trouvait amère...
mais là... je crois qu'il parlait de la vie...
amère... et pourtant tant d'espoir... de confiance... et il voyait tant de belles choses... son regard en disait long...
mais comme j'aurais tant voulu qu'il parle... qu'il dise...
aujourd'hui... je mets les mots sur les regards qui me poursuivent encore dans les grands moments,...la nuit quand je rêve encore de lui...
ces yeux... sont là encore devant moi...
ces yeux ... ce regard que je n'ai pas compris...
Il est mort avant qu'adulte je devienne et que je comprenne...
c'est dommage!

1856947 Publié le 19/10/2006 à 14:13 supprimer cette contribution
c'est vrai andemil, on pense que, si j'avais su, si je pouvais rattraper ce temps perdu.
Mais ce temps là, s'échappe de nous, il te reste cette image de lui, de ses yeux qui ont tant donnés. Sa force reste l'absence de quelque chose. Maintenant, tu apprends à vivre sans lui avoir dit tes vraies sentiments. Cette vie même si la misère habille votre chaumière, votre coeur est grand d'avoir tout garder au fond de soi et de le sortir maintenant pour t'ouvrir vers cette liberté que tu aspires.
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 14:14 supprimer cette contribution
bon... comme c'est une journée qui semble faite pour remonter les souvenirs...
je continue à rêver... à écrire...

hé! je tiens à préciser...
pour la petite histoire...
que nous avons (8 enfants) connu une vie difficile... oui...
l'argent ne coulait pas à flot... la misère..oui et non...
nous n'étions pas des enfants battus... il y avait bien pire...
il faut resituer l'époque... il y a plus de 50 ans...
la vie n'était pas du tout la même... oh! que non...
mais bon... ce n'est pas ma vie que je dois raconter...


alors... j'en étais à.....
1856947 Publié le 19/10/2006 à 14:22 supprimer cette contribution
oui andemil continue ton histoire, on est là pour la lire
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 14:45 supprimer cette contribution
Les hommes parlaient à leurs femmes comme des brutes. Ni merci, ni s'il vous plaît.
-Une tasse, lançait Tonio à sa femme quand il s'approchait pour boire aussi le café.
- Le sucre disait-il en s'énervant. Et le lait? où il est? lachait-il ensuite en hurlant. Sa femme filait le chercher comme si sa vie en dépendait. Quand il commençait comme cela Amélie s'en allait. Elle ne semblait pas vouloir rester dès que commençaient les hurlements. Cela semblait pareil avec tous ses fils. Elle devait bien voir que les enfants étaient maltraités, qu'ils avaient peur de leurs pères. Si Tonio était le moins agressif. Joachim et Andy ne se départageaient pas.
-Comment un homme peut avoir le droit de battre sa femme, ses enfants?
-Qu'est-ce que j'ai à dire? me disait Katy, c'est comme cela! Rien ne peut changer un homme.
Amélie devait entendre les enfants pleurer, et ses belles-filles pouvaient-elles cacher les coups, les bleus?
même si Héléna et Cindy étaient vigoureuses, il arrivait toujours un moment où elles capitulaient. Sans doute parce que cette capitulation reflétait aux yeux de l'assaillant l'horreur de la situation, ou se vidaient-ils de sa rage jusqu'à épuisement; et cessaient alors la pluie de coups.
Cette lutte se terminait souvent dans les bras l'un de l'autre. Les deux pleurant de douleur. Chagrin et folie se mélangeant et forgeant ce sentiment de fatalité qui les empêchait de changer le rituel de mise à mort de ce qui restait de leur amour.Tonio, lui s'en prenait plutôt au tas de ferrailles qui avait dû sans doute être une voiture. Quand la rage le prenait, il s'emparrait d'une barre de fer et frappait, frappait jusqu'à épuisement. La tribu s'arrêtait pour le regarder fascinée, immobile.
-Mon Tonio, disait Amélie, mon petit poussin. Je l'ai su dès qu'il était petit. Il n'était pas comme les autres.Il était le plus câlin, et dès qu'il a eu la force, il cassait tout.
-Je te fais peur dit la vieille en me regardant, comme si d'ailleurs elle le cherchait vraiment.
-Non, répondit Nadia, mais c'est terrible.
-C'est la vie qu'on a, c'est notre vie, on n'y peut rien.
La tribu avait absorbé Nadia toute entière. Les enfants, les femmes et maintenant, qu'elle avait assisté à une part intime de leur vie: les hommes. Ils réclamaient la même attention d'elle. Ils étaient comme des enfants. Mais elle préférait garder ses distances. Elle ne savait et ne voulait pas réconforter les hommes. Ils sentaient cette différente attitude et semblaient la lui reprocher.
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 15:05 supprimer cette contribution
merci cassilli tes mots sonts vrais... si...
avec des si...
on referait le monde...
1856947 Publié le 19/10/2006 à 15:16 supprimer cette contribution
de rien andemil mais si demain serait un autre jour alors si je voyais les choses autrement et bien on pourrait faire tant de choses dans ce bas monde
tes histoires sont magnifiques et on est même dans une ambiance que j'aie connue aussi
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 15:43 supprimer cette contribution
ma grand-mère Lucie
Pompette dans son bocal
Me procure c’est fatal
Tant de fraîcheur
dans ce monde en folie
elle survole, et
dérobe tous ces sourires
tous ces manèges
et se joue en harmonie
les arpèges, les musiques
et en rire à la folie

Je la sers et je chante
elle boit la vie et me hante
Et se demande ce qui arrive
Se soule à l’eau-de-vie
Je devrais me faire une raison
Mais je n’y arrive pas
Je lui porte un café-crème
Elle ne le regarde pas
Elle est plongée dans ses rêves
Et ne m’écoute pas
Elle est ivre de ses dérives
Et cela ne la gêne pas
De parler seule devant la glace
Et de prendre un air d’opéra

Je la regarde palabrer
Et je ne sais que soupirer
Elle évite et se terre
Dans ses domaines irréels
Je l’approche et l’embrasse
Mais elle ne bouge pas
Elle me dit bonjour
Comment tu vas ?
Elle admire la peinture
Mais elle ne la voit pas
Elle est perdue cela est sûr
Il n’y a que moi qui la crois


est-ce le trop de douleur qui le fait construire un monde de rêves, un monde irréel... un monde rien que pour elle
1605335 Publié le 19/10/2006 à 15:48 supprimer cette contribution
un monde irréel, mais si réel pour elle ...

c'est bien triste andemil ce que tu nous dis là
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 15:49 supprimer cette contribution
mais non...pourquoi dis-tu cela??? triste??? non, je ne crois pas...

elle a quitté notre réalité qui était insupportable pour elle...
C'est son choix...
on n'y peut rien...
Moi.. en tous cas c'est comme cela que je vois cela...
tout comme celui qui décide de planter tout et de revivre sa vie comme il l'entend...
Comme celui qui cpnscient de son homosexualité décide de vivre selon son coeur
comme celui qui vit dans l'opulence, se dit s'être trompé et reprend une vie faite de simplicité...
comme...
il y a tellement de comme...
pour moi elle était ma grand mère...
un jour je ne sais plus très bien lequel elle a pris une autre voie... elle semblait bien originale, cela faisait rire la famille...
et un jour, on s'est rendu compte de sa folie...
j'adore cette chanson... qui illustre bien ce que je pense de cette douce folie dans laquelle glisse certaines personnes...
Citation:
Maman est folle
On n'y peut rien
Mais c'qui nous console
C'est qu'elle nous aime bien

Quand elle s'envole
On lui tient la main
Comme un ballon frivole
Au gré du vent qui vient

Tais-toi, Léopold
Surtout ne dis rien
Les gens dans leur cache-col
N'y comprendraient rien

Quand maman rigole
On oublie qu'on a faim
Que c'est l'heure de l'école
Qu'on a peur des voisins

Elle est notre idole
On en a le cœur plein
Faut pas qu'on nous la vole
Ou qu'on l'emmène au loin

Tais-toi, Léopold
Surtout ne dis rien
Les gens dans leur cache-col
N'y comprendraient rien


william sheller
1605335 Publié le 19/10/2006 à 15:52 supprimer cette contribution
ben si elle est dans son monde, et qu'elle a du mal à t'y faire entrer, je trouve cela triste pour toi
pour elle, j'espère qu'elle y est heureuse, bien que je n'en sois pas si convaincue
et si je te dis cela, c'est parce que mon grand père a eu la maladie d'alzheimer et que les rares moments de lucidité qu'il avait le rendait malheureux car il se rendait compte de ce qu'il devenait, d'où son refuge de plus en plus fréquent dans son monde, et son impossibilité de nous reconnaître ...
alors oui, je persiste, je trouve cela bien triste
1856947 Publié le 19/10/2006 à 16:16 supprimer cette contribution
c'est triste kyttie pour toi , la maladie d'alzheimer est une maladie qu'on n'arrive pas à guérir mais on peut maintenir le sujet avec un traitement adéquat pour ralentir cette maladie, j'avoue que c'est pas facile pour le conjoint ou pour la famille de vivre avec une personne atteind de la maladie d'Alzheimer

andemil pas mal la chanson
1605335 Publié le 19/10/2006 à 16:38 supprimer cette contribution
c'était triste cassili, ça ne l'est plus maintenant depuis quelques années
et c'est vrai, on n'en guérit pas, faut juste espérer que pour les malades de maintenant on trouvera le remède ...
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 16:53 supprimer cette contribution
kittie, ma mère aussi a eu la maladie d'alzeimer... c'est triste... oui... quand il y a ces moments de lucidité...

Mais grand-mère Lucie... non... je crois que c'est un choix délibéré... et le glissement s'est fait tout doucement... il y avait eu une cassure très certainement... et elle a sans doute plongé dedans...afin de fuir une réalité trop pénible pour elle...
dur dur la vie...
1605335 Publié le 19/10/2006 à 16:58 supprimer cette contribution
dur dur mais aussi belle la vie !
faut pas l'oublier quand les moments sombres nous empêchent d'apprécier ce beau cadeau : la vie
parce qu'il faut des moments graves pour apprécier le bonheur et les moments heureux
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 17:03 supprimer cette contribution
un traitement pour freiner???
là je dois en rire... car entre le possible et le réel... un gouffre infrachissable...
la maladie a plusieurs stades et pour prendre traitement il ne faut pas avoir dépassé le stade deux... or... quand glisse-t-on d'un stade à l'autre??? comment les déceler???
maman était suivie par des médecins comme la plupart des personnes de son âge... et quand vers la septantaine je trouvais qu'elle avait un comportement dangereux pour elle même...Elle en était au stade 4 et à l'époque encore, les médecins disaient...à son âge les pertes de mémoire ...c'est normal...
un médecin peut se tromper... mais plusieurs...
alors je me demande... jusqu'où est-on vraiment spécialiste???
le traitement??? pour qui???
Il faut savoir qu'on ne déclare pas quelqu'un de moins de 40 ayant cette maladie... donc... cela réduit encore la possibilité d'être soigné...
enfin... bref..
pénible...oui pénible...
je ne souhaite cela à personne...
tout comme bien d'autres maladies en fait...
dur dur...
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