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c'est quoi la démocratie ?

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Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 08/10/2008 à 20:57 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Voici un petit conte pour essayer de comprendre...
2020029 Publié le 12/10/2008 à 10:15 supprimer cette contribution
L'histoire part sur une réflexion fumeuse et non sur un projet bien structuré. Et Vlà, ce que cela donne.....chacun essaye d'avoir raison et de trouver son intérêt.

C'est un peu comme la pierre jetée à l'eau, elle fait des ronds, des ondes qui disparaissent comme elles sont venues. Le résultat est qu'il y a une pierre de plus au fond de l'eau, reste à voir quel impact elle aura dans le cours des choses. Donc, j'attends, avec impatience, le dénouement de ce conte.
Paganel, antisémantique - 980920 lui écrire blog Publié le 12/10/2008 à 10:18 supprimer cette contribution
Citation:
chacun essaye d'avoir raison
Que veut dire cette phrase ? Aurais-tu vu des contributeurs se contredire dans ce fil ?
Citation:
et de trouver son intérêt.
Que veut dire cette phrase ? Y aurait-il quelque chose de particulier à gagner ?
2020029 Publié le 12/10/2008 à 10:48 supprimer cette contribution
Paga, je parle du contenu du conte et pas du fil
Paganel, antisémantique - 980920 lui écrire blog Publié le 12/10/2008 à 10:58 supprimer cette contribution
Fallait l'diiire !

Brétécher avait montré dans le Nouvel Obs une discussion sur les élections. Le marchand de meubles souhaitait une victoire de la droite parce que les gens de droite achètent de beaux meubles et s'asseyent sur des chaises qui coûtent cher. L'ostéopathe souhaitait celle de la gauche, parce que les gens de gauche préfèrent s'asseoir n'importe comment sur les tapis et attrapent ainsi des maladies de dos qu'ils viennent lui demander de soigner. L'intérêt national, vous dis-je, l'intérêt national
domi - 417343lui écrire blog Publié le 12/10/2008 à 11:13 supprimer cette contribution
Citation:
Pas si loin de nous que cela: A Marseille un ami mange son sandwich dans la rue, une bande de gamins ont commencé à l'insulter et à l'agresser parce que c'était le Ramadan.
Que faire à ces gosses?


Les emmener sur le port et leur montrer la mer, puis leur chanter FACE à la MER puis leur dire avec GRANDE FERMETE: "RAMADAN c'est là-bas, juste après l'horizon.

ICI pas ramadan toi y en a comprendre? et c'est PAS à discuter! Tu OBEIS ou tu fiche le camps. Tu as le CHOIX le beurre ou l'argent du beurre, mais pas les deux!

Quant aux parents qui ont refilé ces idées débiles dans la mémoire de l'ordinateur de leurs mioches, faut AUSSI s'en occuper grave!
Non mais des fois!

T'inquiète ça va se faire... Car c'est ainsi que naissent et se développent les extrêmes. Faudra pas venir pleurer pour un Liban retrouvé! CQFD.
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 12/10/2008 à 13:15 supprimer cette contribution
... allez pour maintenir le suspens, le début de la suite ...

...La situation devenait catastrophique, plus rien ne fonctionnait normalement !

Sur la rive en face une silhouette s’approchait d’un pas large lent et rythmé habitué aux très longues marches. Il passait rarement, c’était le colporteur.

«V'là le messie» murmura quelqu’un lassé des conflits à propos du pont.

Un silence se fit qui permit d’entendre la voix hélant le batelier pour le passage…

Que le bac parut lent à faire son aller-retour !

A peine débarqué quelqu'un interpella le nouveau venu :
« Tiens toi qui n’est pas d’ici et qui a vu le monde, que ferais tu de notre problème ? »

De quoi me parlez-vous ? Je ne suis pas juge mais contez moi votre soucis »

Après un brouhaha où chacun voulu convaincre de sa bonne foi et de son parfait jugement, il finit par entendre peu à peu les arguments des uns et des autres.

« Je vais y réfléchir cette nuit et demain vous aurez ma réponse »

« Malin il va dormir à l’œil comme cela » persifla une voix.
« Non je dors à l’auberge normalement et laisser moi en paix. »

Dès le petit matin l’impatience régnait que va dire le colporteur ?

Le colporteur pris son temps, déjeuna tranquillement, puis se dirigea vers la place calmement vers la place du village, choisi avec soin l’endroit où se placer pour parler et attendit patiemment le silence complet :

2020029 Publié le 12/10/2008 à 14:01 supprimer cette contribution
Citation:
choisi avec soin l’endroit où se placer pour parler et attendit patiemment le silence complet :


Et alors !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! .
domi - 417343lui écrire blog Publié le 13/10/2008 à 10:22 supprimer cette contribution
Ben oui, et alors.....
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 14/10/2008 à 00:48 supprimer cette contribution
... suite et fin ...


Le colporteur pris son temps, déjeuna tranquillement, puis se dirigea vers la place calmement vers la place du village, choisi avec soin l’endroit où se placer pour parler et attendit patiemment le silence complet :

« Mes amis, avez-vous remarqué que chacun cherche la solution qui lui apporte le meilleur à lui-même aujourd’hui ? Regardez-vous, vous vivez ensemble, il faut que chacun cherche la solution qui soit la meilleure pour tous et pour vos enfants, même si c’était pour chacun de vous la plus mauvaise des solutions ! »

« C’est tout ? » C’était bien la peine d’attendre une nuit pour cela ! » Dit l’ivrogne qui n’avait rien compris.

Perplexe chacun rentra chez soi, dans la nuit les discussions continuèrent tard.

Le lendemain chaque habitant avait réfléchi et cherchait dorénavant à donner plus qu’à ne recevoir, tous les problèmes se résolurent l’un après l’autre, l’emplacement devint évident, comme par enchantement, même l’avare décida à la surprise de tous de faire un don. Les charpentiers aidèrent les tailleurs de pierre, le batelier révéla les fonds du fleuve et les bancs de sable qu’il connaissait si bien, le châtelain proposa une décoration à ses armes bien sûr, mais contre une importante subvention. Tous apportèrent, qui ses outils, qui ses cordes, un autre ses chevaux, le chantier rassembla toutes les compétences. Le meunier donnait la farine au boulanger qui offrait le pain. Le curé lui-même vint apporter de son vin aux ouvriers qui n’ont jamais travaillé aussi vite et aussi bien et même partagé avec l’ivrogne pour qu’il chante et leurs donne du courage, dans une ambiance de fête et de solidarité. Chacun cherchait à donner le meilleur de lui-même au lieu de vouloir le meilleur pour lui-même.

Aujourd’hui si vous passez par là, vous entendrez les cris des enfants qui crient une antienne « Pontifou-bacaleau-plouf ! Pontifou-bacaleau-plouf ! » pour se donner du courage et sauter du haut du rocher noir dès que les pécheurs matinaux ont quitté la berge cachant dans leurs besace leurs plus belles truites, au loin, solide comme un roc, se découpe la belle silhouette du fameux «pont neuf» construit pourtant il y a fort longtemps dans le prolongement de la plus belle avenue de la ville. Vous y verrez passer tout le trafic commercial de la région car c’est jour de marché, le plus important du conté.

Une légende raconte que parfois le soir il parait qu’on entend un ivrogne appeler dans la nuit sur la plage, mais personne ne sait qui il appelle en vain…
1104009 Publié le 14/10/2008 à 05:25 supprimer cette contribution
Jolie ton histoire Trazi.
Quel beau dénouement, on dirait un conte pour enfant…. Malheureusement la réalité de la vie est une autre histoire.
Citation:
....dans une ambiance de fête et de solidarité.

En général, on fait la fête pour célébrer la réussite de quelque chose de positif, un examen réussi, une augmentation de salaire, une promotion, etc. Depuis plusieurs années, on nous la joue plutôt récession et désolation, pas de quoi vraiment faire la fête


Citation:
Chacun cherchait à donner le meilleur de lui-même au lieu de vouloir le meilleur pour lui-même.
Ca c’est quand on a quelque chose à partager, quand on a plus rien à donner, on reste chez soi et on survit comme on peut

Quand le bateau coule, c’est sauve qui peut, les gens pensent plutôt à sauver leur propre existence qu’à celle de leur voisin
2372172 Publié le 14/10/2008 à 16:50 supprimer cette contribution
Citation:
Bon tant pis, si mon histoire n'interresse pas grand monde, à quoi bon donner la suite
Comment cela pas intéressé. je l'ai lu moi.

bon maintenant je vais aller lire la suite
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 14/10/2008 à 17:44 supprimer cette contribution
Citation:
Ca c’est quand on a quelque chose à partager, quand on a plus rien à donner, on reste chez soi et on survit comme on peut


Contrairement à ce qui semblerait logique, ce sont souvent ceux qui ont le moins qui sont le plus capables de générosité.

Observez qui donne quoi aux pauvres ou aux quêteurs ?

J'ai découvers beaucoup plus de solidarité entre pauvres qu'entre riches !
1940628 Publié le 14/10/2008 à 18:01 supprimer cette contribution
"jésus reviens"?
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 14/10/2008 à 19:36 supprimer cette contribution
Dire "Jésus revient" à un athé comme moi, c'est pas sympa !

Vous auriez pu dire "Don quichotte revient !"
PHIL - 391201lui écrire blog Publié le 24/10/2008 à 22:33 supprimer cette contribution
Citation:
Vous auriez pu dire "Don quichotte revient !"

Tu auras bien moins de boulot mon bon Trazi, les moulins à vent se font rares de nos jours.
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 25/10/2008 à 00:17 supprimer cette contribution
... et les éoliennes alors ?
1104009 Publié le 25/10/2008 à 00:50 supprimer cette contribution
Citation:
J'ai découvers beaucoup plus de solidarité entre pauvres qu'entre riches !


C'est normal, le pauvre ne connait pas la valeur de l'argent, d'abord il n'en a jamais sur lui, tout ce qu'il gagne il le donne aux autres

Tandis que le riche sait faire fructifier l'argent qu'il possède et ainsi devient encore plus riche

Et puis si le pauvre n'existait pas, le riche non plus (on est riche par opposition à quelqu'un qui n'est pas riche donc pauvre )

Salauds de pauvres, c'est leur faute s'il y a des riches
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 25/10/2008 à 10:17 supprimer cette contribution
Le riche est un pauvre frappé d'une maladie grave: "La rétention financière" qui comme la "rétention anale" consiste en une incapacité à rendre à son environnement ce qui devrait l'être.

Cette maladie dont les causes sont multiples, angoisse existentielle, incapacité à s'ouvrir aux autres, ignorance des principes de générosité, frappe certains individus mais est en plus contagieuse: En effet le riche ayant une propension à s'isoler du reste de la population (réflexe salutaire prophylactique ?) se retrouve entourés de malades comme lui. Dans ces populations marginalisées, sa richesse ne prend alors de sens que s’il essaye d’être encore plus riche que ses semblables. D’où cette chute chronique dans la maladie qui peut atteindre des excès atteignant des comportements psychiquement délirants, et une symptomatologie caractérisée s’exprimant par l’acquisition de multitudes d’objets extrêmement couteux et totalement inutiles telles de Rolex, Ferrari, Yachts.

Il existe même une contagion psychosomatique certains pauvres s’essayant à imiter les comportements des riches dans des maisons spécialisées (club rotary par exemple).

Pour soigner un riche, il n’est pas efficace de le priver de sa richesse accumulée, car il l’a reconstituera aussitôt par ses relations avec les autres riches, qui se reconnaissent une certaine solidarité mais uniquement entre eux (dégénérescence sélective ?). Il ne reste que la solution de leur démontrer que la façon de mesurer ce qu’il possède est vide de sens, tel que l’argent ou les actions.

Du fait de l’instinct grégaire intra-riche, il faut donc simultanément tous les soigner simultanément, ce que les médecins sont en train de tenter actuellement.
1940628 Publié le 25/10/2008 à 10:19 supprimer cette contribution
ah on reouvre les hopitaux de reeducation psychiatriques?
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 25/10/2008 à 16:53 supprimer cette contribution
Meuhh noooon ! Comme dirait Gaston Lagaffe,

Juste exprimuer l'idée qu'être riche n'est pas forcément un signe de bonne santé mentale !
1940628 Publié le 25/10/2008 à 16:55 supprimer cette contribution
oui c'est terrible d'etre riche , ah qu'ils sont malheureux les riches , toujours a ne pas savoir quoi s'acheter
nan , faut pas naitre riche , mais le devenir ça ça peut etre amusant
1104009 Publié le 25/10/2008 à 17:16 supprimer cette contribution
Citation:
Le riche est un pauvre frappé d'une maladie grave


Je suis d'accord pour attraper cette maladie, toute de suite même!!!

Je suis même prêt à payer pour l'avoir, c'est un investissement à fort retour

Tous les pauvres souhaitent être riches

Maintenant si vous me trouvez un individu sur terre qui souhaite être pauvre faites le moi connaître....
Paganel, antisémantique - 980920 lui écrire blog Publié le 25/10/2008 à 17:23 supprimer cette contribution
Citation:
si vous me trouvez un individu sur terre qui souhaite être pauvre
A priori, tous les franciscains sans exception; sans cela, ils ne seraient pas franciscains.

Cela étant, ils ne sont pas très nombreux. peut-être 4 000 dans le monde.
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 26/10/2008 à 01:17 supprimer cette contribution
Ils sont plus nombreux que vous ne le croyez, ceux qui ne souhaitent pas être riches, certains mêmes célèbres : Abbé Pierre, Sœur Emmanuelle, Gandhi, et beaucoup de gens très ordinaires qui privilégient leur qualité de vie à leur volume de possessions

Sans souhaiter être pauvre, beaucoup de gens ne souhaitent pas être riche, mais ne veulent que vivre correctement sans besoin de richesses.
Paganel, antisémantique - 980920 lui écrire blog Publié le 26/10/2008 à 02:21 supprimer cette contribution
Citation:
Ils sont plus nombreux que vous ne le croyez, ceux qui ne souhaitent pas être riches, certains mêmes célèbres : Abbé Pierre, Sœur Emmanuelle, Gandhi, et beaucoup de gens très ordinaires qui privilégient leur qualité de vie à leur volume de possessions
A commencer, une fois mis à part ces grands noms, par pas mal d'enseignants; sans quoi ils n'eussent point choisi l'enseignement.
Citation:
Sans souhaiter être pauvre, beaucoup de gens ne souhaitent pas être riche, mais ne veulent que vivre correctement sans besoin de richesses.
La pauvreté est parfois volontaire : elle ne consiste en principe qu'en privation de confort (mais parfois aussi il est vrai en privation de soins, et ça, c'est plus grave). C'est en quoi elle se distingue de la misère, qui consiste à ne plus même pouvoir donner. La pauvreté peut enrichir un caractère. La misère ne peut que le dégrader

Savez-vous la différence entre un salarié et un esclave ? C'est que même quand on n'a pas de travail à donner à l'esclave, on doit bien continuer à le loger et à le nourrir.

Le testament de Ravachol est plus que jamais d'actualité.

Paganel, antisémantique - 980920 lui écrire blog Publié le 26/10/2008 à 02:35 supprimer cette contribution
Le testament de Ravachol, le voici (réduisez la largeur de votre fenêtre pour le lire plus commodément) :

« Si je prends la parole, ce n'est pas pour me défendre des actes dont on m'accuse, car seule la société, qui par son organisation met les hommes en lutte continuelle les uns contre les autres, est responsable.

En effet, ne voit-on pas aujourd'hui dans toutes les classes et dans toutes les fonctions des personnes qui désirent, je ne dirai pas la mort, parce que cela sonne mal à l'oreille, mais le malheur de leurs semblables, si cela peut leur procurer des avantages. Exemple : un patron ne fait-il pas des voeux pour voir un concurrent disparaître ? tous les commerçants en général ne voudraient-ils pas, et cela réciproquement, être seuls à jouir des avantages que peut rapporter ce genre d'occupations ? L'ouvrier sans emploi ne souhaite-t-il pas, pour obtenir du travail, que pour un motif quelconque celui qui est occupé soit rejeté de l'atelier ? Eh bien, dans une société où de pareils faits se produisent on n'a pas à être surpris des actes dans le genre de ceux qu'on me reproche, qui ne sont que la conséquence logique de la lutte pour l'existence que se font les hommes qui, pour vivre, sont obligés d'employer toute espèce de moyen. Et, puisque chacun est pour soi, celui qui est dans la nécessité n'en est-il pas réduit a penser : "Eh bien, puisqu'il en est ainsi, je n'ai pas à hésiter, lorsque j'ai faim, à employer les moyens qui sont à ma disposition, au risque de faire des victimes ! Les patrons, lorsqu'ils renvoient des ouvriers, s'inquiètent-ils s'ils vont mourir de faim ? Tous ceux qui ont du superflu s'occupent-ils s'il y a des gens qui manquent des choses nécessaires ?"

Il y en a bien quelques-uns qui donnent des secours, mais ils sont impuissants à soulager tous ceux qui sont dans la nécessité et qui mourront prématurément par suite des privations de toutes sortes, ou volontairement par les suicides de tous genres pour mettre fin à une existence misérable et ne pas avoir à supporter les rigueurs de la faim, les hontes et les humiliations sans nombre, et sans espoir de les voir finir. Ainsi ils ont la famille Hayem et le femme Souhain qui a donné la mort à ses enfants pour ne pas les voir plus longtemps souffrir, et toutes les femmes qui, dans la crainte de ne pas pouvoir nourrir un enfant, n'hésitent pas à compromettre leur santé et leur vie en détruisant dans leur sein le fruit de leurs amours. Et toutes ces choses se passent au milieu de l'abondance de toutes espèces de produits ! On comprendrait que cela ait lieu dans un pays où les produits sont rares, où il y a la famine. Mais en France, où règne l'abondance, où les boucheries sont bondées de viande, les boulangeries de pain, où les vêtements, la chaussure sont entassés dans les magasins, où il y a des logements inoccupés !

Comment admettre que tout est bien dans la société, quand le contraire se voit d'une façon aussi claire ? Il y a bien des gens qui plaindront toutes ces victimes, mais qui vous diront qu'ils n'y peuvent rien. Que chacun se débrouille comme il peut ! Que peut-il faire celui qui manque du nécessaire en travaillant, s'il vient a chômer ? Il n'a qu'à se laisser mourir de faim. Alors on jettera quelques paroles de pitié sur son cadavre. C'est ce que j'ai voulu laisser à d'autres. J'ai préféré me faire contrebandier, faux monnayeur, voleur, meurtrier et assassin.

J'aurais pu mendier : c'est dégradant et lâche et c'est même puni par vos lois qui font un délit de la misère. Si tous les nécessiteux, au lieu d'attendre, prenaient où il y a et par n'importe quel moyen, les satisfaits comprendraient peut-être plus vite qu'il y a danger à vouloir consacrer l'état social actuel, où l'inquiétude est permanente et la vie menacée à chaque instant.

On finira sans doute plus vite par comprendre que les anarchistes ont raison lorsqu'ils disent que pour avoir la tranquillité morale et physique, il faut détruire les causes qui engendrent les crimes et les criminels : ce n'est pas en supprimant celui qui, plutôt que de mourir d'une mort lente par suite des privations qu'il a eues et aurait à supporter, sans espoir de les voir finir, préfère, s'il a un peu d'énergie, prendre violemment ce qui peut lui assurer le bien-être, même au risque de sa mort qui ne peut être qu'un terme à ses souffrances.

Voilà pourquoi j'ai commis les actes que l'on me reproche et qui ne sont que la conséquence logique de l'état barbare d'une société qui ne fait qu'augmenter le nombre de ses victimes par la rigueur de ses lois qui sévissent contre les effets sans jamais toucher aux causes ; on dit qu'il faut être cruel pour donner la mort à son semblable, mais ceux qui parlent ainsi ne voient pas qu'on ne s'y résout que pour l'éviter soi-même. De même, vous, messieurs les jurés, qui, sans doute, allez me condamner à la peine de mort, parce que vous croirez que c'est une nécessité et que ma disparition sera une satisfaction pour vous qui avez horreur de voir couler le sang humain, mais qui, lorsque vous croirez qu'il sera utile de le verser pour assurer la sécurité de votre existence, n'hésiterez pas plus que moi à le faire, avec cette différence que vous le ferez sans courir aucun danger, tandis que, au contraire, moi j'agissais aux risque et péril de ma liberté et de ma vie.

Eh bien, messieurs, il n'y a plus de criminels à juger, mais les causes du crime a détruire. En créant les articles du Code, les législateurs ont oublié qu'ils n'attaquaient pas les causes mais simplement les effets, et qu'alors ils ne détruisaient aucunement le crime ; en vérité, les causes existant, toujours les effets en découleront. Toujours il y aura des criminels, car aujourd'hui vous en détruisez un, demain il y en aura dix qui naîtront. Que faut-il alors ? Détruire la misère, ce germe de crime, en assurant à chacun la satisfaction de tous les besoins ! Et combien cela est facile à réaliser ! Il suffirait d'établir la société sur de nouvelles bases où tout serait en commun, et où chacun, produisant selon ses aptitudes et ses forces, pourrait consommer selon ses besoins. Alors on ne verra plus des gens comme l'ermite de Notre-Dame-de-Grâce et autres mendier un métal dont ils deviennent les esclaves et les victimes ! On ne verra plus les femmes céder leurs appâts, comme une vulgaire marchandise, en échange de ce même métal qui nous empêche bien souvent de reconnaître si l'affection est vraiment sincère. On ne verra plus des hommes comme Pranzini, Prado, Berland, Anastay et autres qui, toujours pour avoir de ce métal, en arrivent à donner la mort ! Cela démontre clairement que la cause de tous les crimes est toujours la même et qu'il faut vraiment être insensé pour ne pas la voir.

Oui, je le répète : c'est la société qui fait les criminels, et vous, jurés, au lieu de les frapper, vous devriez employer votre intelligence et vos forces à transformer la société. Du coup, vous supprimeriez tous les crimes ; et votre oeuvre, en s'attaquant aux causes, serait plus grande et plus féconde que n'est votre justice qui s'amoindrit à punir les effets.

Je ne suis qu'un ouvrier sans instruction ; mais parce que j'ai vécu l'existence des miséreux, je sens mieux qu'un riche bourgeois l'iniquité de vos lois répressives. Où prenez-vous le droit de tuer ou d'enfermer un homme qui, mis sur terre avec la nécessité de vivre, s'est vu dans la nécessité de prendre ce dont il manquait pour se nourrir ?

J'ai travaillé pour vivre et faire vivre les miens ; tant que ni moi ni les miens n'avons pas trop souffert, je suis resté ce que vous appelez honnête. Puis le travail a manqué, et avec le chômage est venue la faim. C'est alors que cette grande loi de la nature, cette voix impérieuse qui n'admet pas de réplique, l'instinct de la conservation, me poussa à commettre certains des crimes et délits que vous me reprochez et dont je reconnais être l'auteur.

Jugez-moi, messieurs les jurés, mais si vous m'avez compris, en me jugeant jugez tous les malheureux dont la misère, alliée à la fierté naturelle, a fait des criminels, et dont la richesse, dont l'aisance même aurait fait des honnêtes gens ! Une société intelligente en aurait fait des gens comme tout le monde ! »

-- Ravachol
Paganel, antisémantique - 980920 lui écrire blog Publié le 26/10/2008 à 02:48 supprimer cette contribution

"Ce n'était qu'un ouvrier", comme il le dit lui-même, mais comme il serait souhaitable que des bacheliers actuels sussent s'exprimer dans une langue aussi bien maîtrisée.

Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 26/10/2008 à 11:01 supprimer cette contribution
C'est la beauté et l'honneur de l'histoire de nous transmettre de telles merveilles de sagesse.

En ignorant l'histoire comment ne pas recommencer les mêmes erreurs ?

Est ce parce que les Etats-unis ignorent l'histoire et que la leur n'a que quelques centaines d'années, qu'ils se raccrochent au créationisme ou se permettent de vouloir régenter des pays qui ont trois mille ans d'histoire ?
Trazi - 826035lui écrire blog Publié le 29/10/2008 à 22:08 supprimer cette contribution
"...N’est-il pas temps de se demander pourquoi aujourd’hui 25% de la population mondiale consomme plus de 85% des ressources de la planète ?"

C’est précisément de cette question que je suis parti, face à ce profond sentiment d’injustice à constater ces écarts d’autant plus que ce ne sont pas les plus riches qui travaillent le plus et encore moins eux qui gaspille le moins. Le constater ne suffit plus il faut reconstruire.

Où est la cause ? A mon avis dans le fondement même de nos institutions, notre conception de l’économie de la monnaie, de la propriété.

Conceptions exaltées à ce jour comme des résultats spontanés et naturels d’un darwinisme mal compris, d’une conception de la « loi de la jungle » qui ne s‘intéresse qu’au trente seconde spectaculaires où la lionne course la gazelle et pas les huit jours où ces animaux cohabitent en paix, d’un mépris de l’humain étiquetant sous la notion de « nature humaine » les pires comportement comme étant normaux et oubliant les multiples actes de solidarités de générosité désintéressée

L’écologie enseigne comme le disent les peuples anciens, comme le montre les espèces grégaires, la cohabitation des plantes et même des insectes que la solidarité, l’altruisme, l’équilibre, sont le gage de la survie de tous rejoignant par là la théorie des jeux mathématique qui aboutit aux mêmes conclusions. Même les solidarités internes à chaque classe sociale se construisent sur les mêmes fondements.

Malgré ces preuves et démonstrations accumulées nous avons des règles économiques privilégiant la concurrence et non l’émulation, la propriété individuelle et non le partage, la maximalisation des bénéfices et non l’équilibre des échanges.

Résultat le très court terme fait florès et le flux tendu devient la règle, l’éloge de la valeur supplante celui du travail, le mythe de la marchandise remplace le sens de l’objet, même la dignité humaine est remplacée par l’habitude du salariat.

Des phrases qui me parlent :
« Savez-vous la différence entre un salarié et un esclave ? C'est que même quand on n'a pas de travail à donner à l'esclave, on doit bien continuer à le loger et à le nourrir. »

« Si un pays donne une pomme par tête d’habitant si tu en manges deux quel que soit ton mérite, un homme aura faim »

« La terre ne nous appartient pas nous l’empruntons à nos propres enfants »

Alors comment changer cette dérive qui bousille les animaux, les climats, la planète, l’avenir de nos enfants et nous même aujourd'hui?

La solution passe par la mise en place de nouvelles mois fondamentales qui reconstruisent l’économie sur une définition évidente : « L’économie n’est pas la loi du rendement maximum mais la recherche de l’équilibre des échanges afin d’en assurer la pérennité »,
La monnaie par une reconstruction des valeurs appuyée sur un étalon non manipulable et contrôlable par toutes les populations.
La démocratie sur une réflexion de ce qu’est la représentativité, et la vie en groupe, l’équilibre et l’indépendance des pouvoirs.
La solidarité par un respect des hommes les laissant libres de revendiquer le droit à la richesse comme le droit à la paresse, oubliant les classifications péjoratives et incitant à une solidarité collective.
La liberté de penser de s’exprimer de voyager d’inventer non entravée par des inégalités économiques engendrant murs et barrières, frontières, armées, haines et jalousies, tous ces gaspillages éhontés d’énergie pour le plus grand malheur de tous y compris des nantis inquiets pour leurs privilèges.

Toute cette construction nouvelle n‘est pas utopique, car elle est logique, et beaucoup plus évidente que l’absurdité de croire que nous pouvons continuer sans rien changer, à part quelques retouches qui ne font que retarder l’échéance.

En attendant que vous le compreniez, le méthane commence à s’exhaler du fond des mers et précipite la fin de notre atmosphère…

Ce texte résume tout ce qu’essaye de construire mon site, vous y retrouverez chacune de ces propositions un peu plus développées.
Paganel, antisémantique - 980920 lui écrire blog Publié le 29/10/2008 à 23:27 supprimer cette contribution
Citation:
N’est-il pas temps de se demander pourquoi aujourd’hui 25% de la population mondiale consomme plus de 85% des ressources de la planète ?"
Cela semble très proche de la loi de Pareto, non ? Lui, c'était 80/20 (80% des richesses appartenant à 20% des gens, la même distribution s'appliquant à nouveau sur les 80% d'un côté et les 20% de l'autre). Je ne saurais dire si ce 85/25 est meilleur ou pire en matières de distribution des inégalités. Y a-t-il un mathématicien dans la salle ?

En tout cas, ces distributions sont typiques de ce que l'on nomme les lois scalantes locales : elles suggèrent que la distribution des revenus reste peu ou prou la même quel que soit le milieu considéré, parce que chacun tire de façon similaire pour obtenir la part qu'il estime revenir à son effort dans le sous-milieu pratique qu'il fréquente. Dans la pratique, ça donne cette belle courbe à l'allure d'exponentielle négative.

Je ne vois donc guère de façon d'y remédier sauf à obliger chaqun à fréquenter non son milieu, mas tous les milieux, ce qui aurait assurément pour effet de lui remettre les idées en place. « Les intellectuels aux champs et à l'usine ! » disait-on jadis. Qu'on me permette toutefois de faire remarquer que c'est précisément ce qui a été tenté pendant la « Révolution culturelle » par Mao et au Cambodge par Pol Pot et Khieu Sampan . Sans vouloir dénigrer pour dénigrer, je suggère pour le moins qu'on y regarde à deux fois, car nous savons de quoi est pavé l'enfer

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