hommage,vrac
Forums > Plaisir d'écrireAller à la dernière page
<< Précédent |

En hommage au Vrac.

| Suivant >>
Ecrire une réponseAjouter à vos forums favoris
Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 21/10/2005 à 17:20 Demander à la modératrice de supprimer ce forum



Que seront devenu dans une trentaine d’années des sites comme le notre ? J’ai mis le pied ici en Janvier 2004. J’ai commencé à boire le biberon sur « en Vrac » un forum ou le plaisir d’écrire n’est pas un vain mot, j’y suis depuis resté fidèle, surtout, en m’essayant à l’écriture de la poésie, quelques textes pour tout dire, d’autres pour ne rien dire en ayant cependant toujours présent à l’esprit le respect et le plaisir.

J’ai laissé libre cour à mon cerveau afin qu’il puisse fantasmer sur ce que pourrait être un site de rencontres et de partage dans les années 2030, permettez moi de vous le présenter :
908884 Publié le 08/11/2005 à 12:41 supprimer cette contribution
trinquons, alors ...
1531248 Publié le 08/11/2005 à 19:03 supprimer cette contribution
Citation:
Tu n'es pas au dodo toi?

Non Glad, j'etais venu m'offrir un peu de saine lecture avant d'y aller
835521 Publié le 08/11/2005 à 19:07 supprimer cette contribution
Citation:
Non Glad, j'etais venu m'offrir un peu de saine lecture avant d'y aller


Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 09/11/2005 à 11:25 supprimer cette contribution
Marie-amélie, Wuji, Gladys, Ptitange , merci de votre fidélité, la plume et les neurones sont fatigués, je vais les laissés reprendre de la vigueur avant une éventuelle suite
908884 Publié le 09/11/2005 à 15:40 supprimer cette contribution
Citation:
une éventuelle suite

comment ça éventuelle ??
et on lira quoi nous hein ??!!!
1489500 Publié le 09/11/2005 à 16:45 supprimer cette contribution
Les filles, laissez-le juste se reposer un peu et sa plume va à nouveau l'entrainer malgré lui !
à toutes et tous
1531248 Publié le 09/11/2005 à 23:31 supprimer cette contribution
Citation:
la plume et les neurones sont fatigués, je vais les laissés reprendre de la vigueur avant une éventuelle suite

Très bonne idée, mieux vaut peu de lecture de qualité que de la quantité qui coule tranquille.
"Eventuelle" est de trop, tant que je n'aurai pas vu le mot FIN au bas d'une page !
Bon ressourcement à toi Gimel
Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 10/11/2005 à 15:31 supprimer cette contribution
Ptitange , comment résister je vais retirer éventuelle

Citation:
et on lira quoi nous hein ??!!!


Peut-être bien quelques poèmes sur le vrai le seul, ton « en Vrac »

Myriam , rassure Gabriel alors
Marie-Amélie , ma plume et moi te remercions de ta sollicitude
Wuji , méfiance, si je mets le mot FIN partout

Merci à vous toutes et à toi Wuji
j'ai fait marcher un peu l'imagination pour vous écrire quelques lignes de plus

Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 10/11/2005 à 15:33 supprimer cette contribution

Retour vers le passé.


Les premiers jours de l’année 2041 étaient emprunts d’une grande nostalgie, nous ne verrions plus Gide le vracqueur aux bons mots, il ne nous parlerait plus des veillés d’antan quand les familles se rassemblaient bien serrés autour de l’âtre pour se brûler les doigts en mangeant les châtaignes de l’année, il nous laissait cependant des milliers de vers héritage de ses longues années passées à écrire sur en vrac durant les années 2000, on pouvait y lire son amour de la femme, son humour caustique, sa façon de réécrire l’histoire sans oublier bien sûr ses billets d’humeur qui ne manquaient pas de piquer au vif ceux qui manquaient aux règles de la bienséance ou de l’honneur. Gwen éprouvait une telle tristesse en lisant ses textes qu’il finit par dire:

« C’est impossible de donner à ses textes le ton juste, seul lui pourrait en les déclamant à haute voix nous faire vibrer et nous faire ressentir l’émotion qu’il devait y mettre en les écrivant, il faudrait le faire revivre ne serais que pour l’entendre. Yann ce n’est sûrement pas impossible, nous avons abolit toutes les difficultés, du Photholog, du Photrilog, je n’ai plus envie d’avancer, bien au contraire, du moins pas pour l’instant, tu sais j’aimerais faire un arrêt sur image, je voudrais faire un retour en arrière, ce n’est pas possible que nous ne puissions pas le faire… »

« Ecoute Gwen, nous sommes tous très tristes de sa disparition, si je partage complètement ton avis sur le fait qu’il est impossible de donner à ses textes l’ampleur de son ressenti seulement en les lisant, nous ne devons pas pour cela jouer les apprentis sorciers, il ne faut pas remuer les cendres et je ne voudrais surtout pas peiner l’Ange »

« Oui Yann je comprend, d’ailleurs si je n’avais pas moi aussi cette crainte, je t’avoue que je serais déjà en train d’essayer de trouver une solution technique pour le faire revenir virtuellement, dis moi, toi qui est le plus proche de l’Ange essaye de savoir si elle accepterait l’idée, j’ai déjà mon idée sur la manière de mettre en place le processus… »

« Ok Gwen, je lui en dirais deux mots… »

Mais qu’allaient-ils donc encore nous réserver comme surprise, faire progresser le VRAC ne leur suffisait-il plus? combien d’étapes avaient-ils franchies depuis leur arrivée, ils avaient effacé avec succès toutes les difficultés, déjoués les convoitises, multiplié d’une façon presque inimaginable le nombres d’adhérents, ils avaient pratiquement transformé le virtuel en réel, comme des magiciens. Mais pouvaient-ils transgresser les vieux tabous en redonnant la vie à quelques disparus, au fond, ne survivaient-ils pas déjà dans leurs mémoires et même bien au-delà quand l’un d’eux déclamait pour ses amis un texte passionnant, n’étais ce pas juste une manière de le faire encore vivre.

L’idée de Gwen avait profondément troublée les esprits de nos amis, ils en avaient longuement discuté, ils avaient tous beaucoup d’appréhensions, faire progresser l’humain semblait naturel, mais toucher à la mort dérangeait beaucoup les vieux principes, ancrés depuis des générations. Gwen leur racontait comment il avait rencontré à l’occasion de ses multiples voyages des sages qui parlaient aux anciens disparus, sans troubler pour cela l’ordre des choses. Il choisit cependant le silence, ne plus en parler constituait selon lui la meilleure méthode pour faire mûrir la réflexion.

Le 1er mai à l’occasion de la traditionnelle réunion, nos amis en compagnie de l’Ange firent le bilan de l’année écoulée, la progression du nombre d’adhérents, après avoir connue une belle marche dans les trois premiers mois, sûrement une conséquence de la mise en place du Photrilog s’était un peu calmée, le nombre total d’adhérents était voisin des deux milliards. Peu ou pas d’incidents significatifs avaient perturbé le fonctionnement de la nouvelle procédure, les internautes interrogés à l’occasion du sondage annuel donnaient l’impression d’avoir rangé aux oubliettes le Photholog. Le GRIL avait subit de plein fouet l’arrivée du Photrilog en perdant une bonne partie de ses adhérents au profit du VRAC. Joëlle, plus particulièrement chargée d’étudier la conduite des internautes finit par dire :

« Le comportement des membres est de plus en plus respectueux, Gide dirait sûrement : ils ont la vrac’attitude. »

L’Ange qui jusqu’à présent écoutait sans rien dire, fit un grand sourire en entendant Joëlle parler à la manière de Gide, elle leur dit :

« C’est toujours un vrai plaisir d’entendre parler de lui, comme je vous disais lors de notre dernière rencontre, même absent il est toujours là, et à ce propos, j’ai eu un échange avec Yann qui me parlait d’un projet un peu fou de Gwen de le faire revivre de temps en temps afin qu’il vienne nous déclamer quelques uns de ses textes. Je ne vais pas vous cacher que l’idée m’a bouleversée dans un premier temps, vous n’êtes pas sans savoir que lui et moi étions les meilleurs amis du monde, malgré tous les préjugés qui font qu’une amitié est soit disant impossible entre une femme et un homme, tous les deux nous avons traversé les années sans jamais rencontrer de véritables problèmes, nos liens ont été indestructibles, et même sa mort a laissé la pensée intacte. Alors entendre de nouveau ce vieux brigand j’y suis favorable, ma réticence au début venait sûrement du fait que je vous imaginais après ma disparition me faisant réapparaître parmi vous, mais je l’ai vite dépassée en sachant que les moments que nous avons partagés restent dans ma mémoire comme des heures trop agréables pour pouvoir les oublier, j’en accepte l’augure. »

Nos amis semblaient beaucoup réfléchir aux propos de l’Ange, Yann avait donc bien parlé du projet de Gwen avec elle, celui-ci souriait dans son coin, mais il ne disait rien se contentant de regarder les diverses réactions sur le visage de ses amis. Ce fut Joëlle qui brisa le silence, elle entra directement dans le vif du sujet.

« Pourquoi pas, si nous estimons que cette expérience ne sera en rien une pratique globale applicable au niveau de tous les membres du VRAC mais qu’elle devrait nous permettre de passer d’agréables moments entre nous et Gide, rien ne nous empêchera si nous devions malgré tout en souffrir de laisser tomber. Par contre je ne vois pas comment, ou plutôt je vois mal comment nous allons pouvoir surmonter les difficultés pour pouvoir y parvenir, si Gwen tu pouvais nous donner les premières lignes de ton projet, je pense que nous y verrions un peu plus clair »

Yann fit remarquer que pour lancer cette expérience, il souhaitait d’abord que tout le monde en accepte le principe, tous donnèrent leurs accords. Il demanda alors à Gwen de donner les lignes directrices de son idée, il savait que ce dernier avait sûrement déjà pensé à la méthode pour y parvenir.

« Sans rentrer trop dans les détails, je vous dirais que pour chaque profil que nous avons dans les machines, nous possédons : l’image, l’hologramme plat et en trois dimensions, la voix et enfin les tics et façons de s’exprimer pour chacun d’entre eux, nous possédons grâce au travail fait depuis près de quarante ans toutes les archives des discussions échangées entre les membres. Je dois vous faire un aveu, j’ai fait un test, j’ai rentré dans la machine quelques vers d’un poème de Verlaine :

« Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone. »*

Je les ai rentrés sur mon profil, mais seulement en les écrivant et ensuite je les ai codifiés pour les faire déclamer par mon hologramme en 3D par le philtre du Photrilog, je vous propose de regarder et d’écouter… »
Ils étaient tous médusés, bien sur la diction de Gwen de devait pas être celle d’un sociétaire de la comédie française, mais ils entendaient bien sa voix qui récitait du Verlaine et lorsqu’ils observaient son hologramme en 3D, ses tics et ses manières de parler ne pouvaient pas laisser de place pour le doute. Il coupa la transmission et leur dit :
« Il y a de nombreuses modifications à faire, mais je pense pouvoir élaborer un programme qui devrait nous donner une bonne résolution quand à la qualité de la diction, pour le reste, nous verrons au fur et à mesure de l’élaboration de ce projet… »

Ah ! le VRAC, comment comprendre que quoiqu’ils fassent, c’est une perpétuelle marche en avant même quand ils vont explorer les méandres du temps passé…………………….






* poème de Paul VERLAINE (1844-1896) Chanson d’automne
1531248 Publié le 10/11/2005 à 20:58 supprimer cette contribution
Cool j'ai pas vu le mot Fin !
1050988 Publié le 11/11/2005 à 06:09 supprimer cette contribution
908884 Publié le 11/11/2005 à 10:29 supprimer cette contribution
très belle idée, Gimel, cette lecture à voix haute
Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 13/11/2005 à 03:22 supprimer cette contribution
Wuji, en FIN
Ame-de
Ptitange , j'arrive plus a me rappeller qui ma conseillé un jour de lire à haute voix, je le fais depuis et même Isa ma chienne en profite
Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 13/11/2005 à 03:36 supprimer cette contribution
Premier pas vers une renaissance.

Gwen et Yann s’étaient mis à la tâche, bien décidés à annuler les difficultés rencontrées les unes après les autres. Les premiers pas pour aborder un nouveau projet étaient toujours les plus difficiles. Yann était plongé dans les nombreux écrits de Gide, il avançait avec une lenteur inhabituelle. Il releva la tête, et interpella Gwen :
« Dis moi, comment t’es venue l’idée de faire revivre l’hologramme de Gide et surtout pourquoi »
« C’est à la fois simple et compliqué, en fait c’est un coup de cœur. J’ai retrouvé vois tu au fond de nos archives des textes somptueux, des poèmes du cœur que ce soit « Touches d’approche* » une création de l’Ange qui s’appelait à l’époque Ptitange, ou certains textes de Gide, comme « au fil de l’eau* » lui, c’était Gimel et vois tu en lisant les textes de nos amis je les trouvait trop fades, la faute à ma diction, et depuis cet instant, je n’avais qu’une idée, les entendre déclamés, mais déclamés par eux, et alors j’ai osé, j’ai demandé un jour à Gide qu’il m’accorde la faveur de me lire quelques uns de ses textes, ce n’étaient pas les mêmes que ceux que j’avais lu, ils prenaient une puissance en sortant de ses lèvres, une charge d’émotion qui avec eux allait disparaître. J’ai jamais osé demander à l’Ange de me lire ses textes, tu connais Yann ma grande timidité avec les femmes, et l’Ange est tellement impressionnante. Tiens demande lui un jour de te lire un de ses textes et tu comprendras. Voila pourquoi je veux pour moi et puis pour vous faire renaître Gide. »

« Gwen, j’étais justement en train de lire les textes de Gide, et comme je suis vraiment nul dans cette discipline, je comprend beaucoup mieux à présent ce que tu veux faire, et vois tu l’autre jour, tu aurais du demander à l’Ange de nous dire ce fameux poème. Je vais lui demander de passer nous voir et de nous l’offrir avec sa voix si douce. Tu vas penser que je suis un peu fou, mais t’imagine l’émotion d’entendre déclamer les poèmes de Ronsard, Verlaine, Rimbaud, Hugo et tant d’autres par les auteurs eux même, quel bonheur, mais la je rêve, du moins pour ceux la, mais par contre pour les poètes vivants, ce sera bientôt du domaine du possible, je t’en reparlerais il me vient une idée… »

Les semaines passèrent, la nuit les lumières du bureau de Gwen ne s’éteignaient presque jamais, nos amis avaient pris pour habitude de venir le voir chaque matin pour boire leur premier café et discuter un peu avec lui de l’avancée de ses travaux, les premiers essais n’étaient pas encourageants, l’hologramme de Gide donnait une lecture beaucoup trop phonétique de ses textes, on pouvait penser qu’il décomptait les pieds des vers récités, essayez de vous imaginer :

« Et au sor/tir du bain gar/dez ces gou/ttes d’eau,
Ca/chez les dou/ce/ment sous vo/tre pa/réo.
Ce n’est que mon es/prit qui glisse sur vo/tre peau.
En fai/sant avec vous un mer/vei/lleux du/o. »

Il était nécessaire de donner une fluidité à la diction, Gwen expliqua à ses amis qu’il n’avait pas ou peu de problèmes pour faire dire à l’hologramme de Gide un texte normal, mais dés qu’il s’agissait de poésie, la machine décomposait la diction, d’une manière incompréhensible.

Sylvie, passionnée de poésie lui dit :

« Bien que je trouve regrettable, pour pas dire plus, de modifier la présentation traditionnelle voulue par l’auteur, présentation utile puisqu’elle apporte une aide pour lire le poème, tu pourrais peut-être essayer de saisir ton texte en continu comme s’il s’agissait d’un texte en prose, puisque tu ne rencontres pas ces difficultés pour un texte normal. »

Gwen regardait Sylvie avec de grands yeux ronds :

« C’est génial ce que tu proposes.. »

Sylvie souriait :

« Génial, faut pas exagérer non plus, je dirais tout au plus logique, tu viens de poser la question et en même temps tu donnais la réponse, si ma mémoire fonctionne encore un peu, tu as dit : « ça marche pas pour un poème, en texte normal plus de problème.. » , alors faut pas être un génie pour comprendre que c’est la forme la cause de ton problème, mais je ne suis pas sûre que Gide apprécierait que tu lui démolisses ses textes. Alors avant de trouver mieux, saisis ton texte comme tu saisis un texte normal, mais continu de chercher comment conserver la présentation traditionnelle, parce que tu vois si je dois lire dans un bon vieux livre les vers de Gide ainsi présentés :

« Et au sortir du bain gardez ces gouttes d’eau, cachez les doucement sous votre paréo. Ce n’est que mon esprit qui glisse sur votre peau. En faisant avec vous un merveilleux duo. »

Tu peux être sûr que en plus de moi, tu vas te faire pleins d’ennemis chez les poètes et chez ceux qui aiment la poésie. »

Gwen remercia Sylvie et lui promit de continuer à chercher pour ne pas modifier la présentation. Elle allait quitter le bureau quand il lui dit :

« Dis moi Sylvie, tu viens de me réciter les vers de Gide sans même les lire, et pourtant tu ne les a entendus déclamés qu’une seule fois et pas de la meilleure des manières, tu les connaissais déjà ? »

« Ceux la et bien d’autres oui. Le « en vrac » des années 2000 contient des bijoux, tu peux même pas imaginer, tu sais quand je lis ces merveilleux textes, je me demande toujours ce que sont devenus les auteurs plus de quarante ans après… »

Yann qui écoutait la conversation s’arrêta de travailler pour dire à Sylvie :

« Tu sais, je crois que je vais faire travailler un peu les machines pour savoir ce qu’ils sont devenus les poètes de l’époque dont tu parles, il n’est pas impossible que nous puissions inclure en parallèle certains d’entre eux dans le projet de Gwen… »

Sylvie quittait le bureau en acquiescant d’un mouvement de tête.

Gwen saisit un premier texte de Gide comme lui avait suggéré Sylvie, il fit seulement un test oral, le résultat étant vraiment étonnant. Dans le bureau, la voix de Gide venait de renaître, elle déclamait son texte avec la chaleur habituelle que tous connaissait, certains de nos amies et amis présents avaient les larmes aux yeux, sûrement d’entendre la voix de Gide, mais aussi de l’entendre dire son texte, qui plus est, un texte qui parlait de sa mort, un texte qui s’adressait à une femme en lui disant de ne pas pleurer.


Au fil de l’eau.


Vous n’aurez pas ma tombe pour y verser vos larmes,
Elles flétriraient trop vite vos yeux et votre charme.
Au bord du ruisseau vous pourrez y descendre,
Pour rendre hommage à l’eau qui bercera mes cendres.

Ecoutez la chanter, elle parlera de moi,
Elle vous dira le nid où elle m’a accueillit.
Et s’il vous prend l’envie de venir près de moi,
Plongez y nue ma mie et partageons son lit.

Sentez sur votre peau ce frisson délicieux,
J’épouse votre corps comme l’amant envieux
Pour vous dire que mon âme qui elle est immortelle,
Accapare vos formes qui sont pures merveilles.

Et au sortir du bain gardez ces gouttes d’eau,
Cachez les doucement sous votre paréo.
Ce n’est que mon esprit qui glisse sur votre peau.
En faisant avec vous un merveilleux duo.


Le silence s’installa après le mot duo, la diction était parfaite, la voix un peu grave due à des excès tabagiques laissait muets tous nos amis réunis. Les uns après les autres sans rien dire, ils embrassèrent Gwen avant de quitter son bureau. Joëlle fut la dernière, elle tendit un Kleenex à Gwen en lui disant avec tendresse :

« C’est génial bébé, tu n’as plus qu’à rajouter l’holo3D, et quand c’est fait appelles nous, j’amènerais les mouchoirs… »


Un VRAC qui rie, un VRAC qui pleure, un VRAC qui vit à cent à l’heure.






* « Touches d’approche » Poème de Ptitange

1489500 Publié le 13/11/2005 à 08:50 supprimer cette contribution
Et un Gimeleternel
609844 Publié le 13/11/2005 à 09:31 supprimer cette contribution
entre rires, sourires et larmes je n'ai qu'un mot à dire : encore !!!
1475347 Publié le 13/11/2005 à 10:22 supprimer cette contribution
Alors toi ...
Gimel!

Une pro de l'informatique ... Moi?
Je sais pas réduire une photo!
C'est un régal!!!
908884 Publié le 13/11/2005 à 14:03 supprimer cette contribution
Citation:
une renaissance

magnifique, Gimel
une autre dimension, pour d'autres émotions
toujours plus fort
1531248 Publié le 13/11/2005 à 23:25 supprimer cette contribution
Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 15/11/2005 à 16:34 supprimer cette contribution
Marie –Amélie éternel fais gaffe mes chevilles enflent
Tididouchou eh ! voui faire du neuf avec du vieux
Yaourt alors régale toi ma zolie
Ptitange , d'autres émotions Ok alors prépare toi
Wuji le dernier mot du prochain épisode, c’est pour toi
Perle c’est moi qui te remercie

Merci à toutes et tous
Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 15/11/2005 à 16:46 supprimer cette contribution

Le Dictrilog ou les mots et les souvenirs.


Il ne fallut à Gwen et Yann que quelques jours pour associer l’hologramme en 3D avec le son. Le plus long fut bien sûr de saisir les quelques textes qui devaient servir pour les tests comme des textes ordinaires, Gwen ne pouvait pas s’empêcher de penser à la demande de Sylvie de chercher le moyen de conserver la forme des poèmes voulue par l’auteur. En fait en saisissant les textes, il avait l’impression troublante de trahir Gide, mais peut-être pour se rassurer, il se disait qu’il allait trouver une solution, et que s’il avait été présent, Gide aurait sûrement comme il en avait l’habitude prononcé une bonne citation du genre « faute de grive on mange des merles, fait avec ce que tu as sous la main sans te préoccuper du reste »

Les tests marchaient bien, Gwen était arrivé à faire déclamer d’une façon presque parfaite les textes par l’hologramme en 3D de Gide, le mariage entre l’image et la voix était proche de la perfection, tonalité, tics habituels même les clins d’œil malicieux, Là, au milieu de la nuit, Gwen avait l’impression d’être avec Gide et de l’écouter réciter ses poèmes, comme le fameux jour ou il avait accepter de lui lire quelques vers. Pourtant, Gwen ne semblait pas satisfait, la formule lui semblait plate, l’hologramme 3D vivait pour déclamer son texte et s’en était fini, il se sentait frustré bien que le but était atteint: faire revivre Gide pour l’entendre réciter ses poèmes.

Comment faire mieux ? Aucune idée ne lui venant à l’esprit, il se mit à relire les 500 premières pages du Vrac depuis sa création à la mi-décembre 2003, plus de 10 000 contributions pour seulement huit mois d’existence, il était fatigué, il se frottait de plus en plus souvent les yeux en face de son écran il s’apprêtait à éteindre l’ordinateur quand une contribution de Gide Publié le 31/08/2004 lui sauta à la figure :

« Filaro littéraire (édition spéciale)

Le prix Penelong, vient d’être attribué à « en vrac » Forum plaisir d’écrire conçu par Ptitange, ce forum porté sur les fonds baptismaux en décembre 2003 a connu un succès grandissant de jours en jours, riche aujourd’hui de 500 pages, ce forum, véritable espace de liberté a permit à de nombreux internautes de s’exprimer sans crainte par le mot, grâce à l’esprit voulu par la créatrice :
Citation:

« Un ch'tit forum pour le plaisir de lire des mots en vrac, des mots pour rien, des mots d'âmes, des mots qui viennent, comme ça, sans les chercher ...
Vous gênez pas, chuis pas égoïste, on partage des mots qui viennent, des mots qui craignent, sans censure, sans bavure, de ces mots qui nous plaisent, de ces mots qui nous tiennent, de ceux qui font vibrer, de ceux qui font aimer, rêver, sourire, revivre
des mots que l'on murmure, des mots que l'on susurre, des mots doux, des mots tendres, mots durs, mots sûrs, mots purs »


Des centaines d’internautes sont venus y mettre leurs contributions, la poésie y occupe une place prépondérante, du texte classique à des textes plus élaborés, les auteurs s’expriment dans une totale liberté, s’y côtoient les déclarations d’amour, les textes narrant les émotions, les tristesses on y trouve aussi des textes plus solennels appelant à la paix, dénonçant la bêtise humaine et en particulier les guerres. Plus de dix mille contributions sont venues enrichir ce forum qui est outre un espace de liberté, un lieu ou règne en maître l’amour et l’amitié. Le grand gagnant en est bien sûr le mot. »


Ah ! Comme disait l’Ange quel brigand ce Gide et quel humour. Gwen, complètement réveillé venait d’avoir une idée sur ce qu’il convenait de faire de son projet, bien sûr elle transgressait encore une fois quelques vieux principes, mais il voulait tenter, Il avait besoin avant de commencer la mise en application de demander l’aide de Yann et l’accord de L’Ange, il lui écrivit un message en lui demandant de passer le voir, dés qu’elle aurait quelques minutes, qu’il voulait lui montrer ou en était ses travaux sur la déclamation des poèmes. Il éteignit la machine, enfila sa veste éteignit les lumières et quitta le bureau en sifflotant.


Il faisait à peine jour quand Yann et Gwen arrivèrent devant la porte du VRAC, Gwen dit à Yann :
« Pour le projet, j’ai un peu avancé hier soir et cette nuit, je suis au point pour restituer l’image et le son, je peux faire déclamer à Gide un de ses poèmes, il reste juste quelques petits réglages et ce sera parfait. Pourtant j’ai l’impression de rester sur ma faim. Tu le vois et tu l’entends réciter son poème et puis plus rien, il faudrait aller un peu plus loin »

« Oui eh alors ? Gwen, c’est bien le résultat que tu voulais obtenir, je ne voix pas ce que tu veux dire par aller plus loin ».

« Eh bien je souhaiterais le faire parler davantage, et pour cela j’ai eu une idée, rappelles toi tu disait l’autre jour à Sylvie : « je vais faire travailler un peu les machines pour savoir ce qu’ils sont devenus les poètes de l’époque dont tu parles, il n’est pas impossible que nous puissions inclure en parallèle certains d’entre eux dans le projet…» As-tu avancé dans cette recherche ? Ce que je voudrais, c’est reprendre les pages du vrac du début, 2003, 2004 et 2005 par exemple et le faire revivre par le Dictrilog. J’ai relu les 500 premières pages du Vrac de l’époque je peux te dire que c’est une mine , il y a de tout, des rires des pleurs, des poèmes, de l’humour, il serait dommage de laisser tout cela prendre la poussière sans ne rien faire. Bien sûr il ne sera pas possible de ressusciter tous les intervenants, du moins ceux qui n’étaient plus là pour une raison ou une autre lors de ma mise en place du Photholog , c’est pour cela que j’aimerais bien savoir ou tu en es dans ta recherche. Une dernière chose, j’ai adressé un mail à L’Ange pour lui demander de passer nous voir, je voudrais lui montrer Gide déclamant ses vers, et en plus je voulais aussi lui demander l’autorisation de l’inclure dans le projet… »

Yann semblait dubitatif, son comportement ne semblait pas complètement opposé au principe.

« Sorcier, oui tu es bien un peu sorcier, pour ce qui est de l’Ange, je suis au courant de ta demande, elle passera nous voir en début d’après midi. Pour mes recherches, j’ai les résultats pour la période couvrant un peu plus de deux années, de la création en 2003 à fin 2005, il s’avèrent que 60% d’entres eux sont encore présents au VRAC, pour les autres, les trois quart sont morts et pour le reste nous ne savons pas. Pour ceux qui sont décédés, 80% d’entre eux ont leurs profils sous la forme du Photholog. Tu peux donc pratiquement reconstituer à 90% les échanges du Vrac de ces années là, soit sous la forme simple du Photholog, soit un mixte Photholog Photrilog pour ceux qui sont encore vivants. Finalement ma recherche et ton idée c’est un peu la même chose. C’est ok pour moi, au fait avant de te remettre au taf, deux choses, tu me fais entendre et voir Gide et tu prépares la même chose pour l’Ange, elle m’a dit ce matin que nous pouvions aussi la mettre dans la machine, content ??? »

Gwen acquiesça d’un mouvement de menton, il pressa une touche de son ordinateur et l’hologramme de Gide s’installa près d’eux dans le bureau et déclama de sa voix bien particulière, reconnaissable entre mille son fameux « Au fil de l’eau », ils remuaient tout les deux les lèvres en restant muets pour accompagner sa diction. Le silence retomba dans le bureau et l’hologramme en 3D de Gide disparut à son tour.

Yann s’adressa à Gwen pour lui dire que lui aussi trouvait que le vide qui suivant la diction était frustrant mais qu’il rappelait que Gide était bel et bien dans un autre monde.

Gwen se remit au travail, il mémorisa l’Ange déclamant son poème « touche …d’approche », écouta la bande son, la voix qu’il entendait était parfaite. Il lui adjoignit l’hologramme 3D et enclencha la diffusion, il visionna juste le début, trop bouleversé pour pouvoir continuer seul cette vision, l’émotion était trop grande, il appela Yann, lui dit :

« Regarde, écoute et tu me diras ce que tu en penses…. »

Gwen enclencha la diffusion, plus un seul bruit, seule la voix chaude et sensuelle de l’Ange s’échappait de son hologramme 3D pour une déclamation chargée d’émotion , Yann d’un signe de la main demanda à Gwen de la repasser en boucle, il lui fit signe d’arrêter à la troisième diffusion.

« C’est tout simplement bouleversant, je ne suis pas sûr que si l’Ange récitait elle-même son texte, nous pourrions ressentir la même émotion, Il semble que la machine analyse le texte pour affiner la diction ainsi que le comportement de l’hologramme. Finalement tu viens d’inventer la diction modèle, au plus proche de ce que voulait exprimer son auteur. Tu vois au delà du plaisir d’entendre Gide qui n’est plus parmi nous déclamer ses vers, ou même l’Ange, rappelles toi, quand je disais :
« Imagine l’émotion d’entendre déclamer les poèmes de Ronsard, Verlaine, Rimbaud, Hugo et tant d’autres par les auteurs eux même, quel bonheur, mais la je rêve, du moins pour ceux la » Un rêve n’est intéressant que s’il est possible de le réaliser du moins en partie, avec ton projet et quelques artistes spécialisés dans l’art de la diction, nous allons pouvoir faire déclamer d’une manière la plus proche du réel les chefs d’œuvre de la poésie des grands auteurs des siècles passés, en fait, tu viens d’inventer la manière de faire aimer la poésie, un peu comme si tu disais aux gens : vous l’aviez lu ainsi alors maintenant, écoutez ce que voulait réellement vous dire l’auteur, et comme résultat, tu fait pleurer les trois quart des gens qui écoutent et la poésie retrouve ses lettres de noblesse.
Gwen, avant que l’Ange nous rejoigne, trouve dans les pages du vrac des années 2000 quelques textes de Gide, passe les dans ton filtre, nous regarderons tout cela ensemble. Une chose encore, tout à l’heure tu as parlé du Dictrilog, kesako ? »

« Oh, rien juste le nom que je viens de donner au projet, la diction sous l’hologramme 3D.»

Gwen ne se fit pas prié, mais il devait choisir, Gide avait laissé une multitude de textes, il aurait pu arrêter son choix sur des textes qui devaient permettre de voir des interprétations différentes, tristesse pour « Barricades coeur brisé », Rébellion pour « Grafitag », Humour et tradition populaires pour « Les bals popu » et comique de dérision pour « Le galérien d’la route », comme il devait faire vite, il garda « Barricades cœur brisé », un texte plein d’émotion qui devait lui rappeler ses voyages à Katmandou et « Le galérien d’la route » pour l’humour développé tout au long des vers.

Barricades coeur brisé

Chaque année c’est pareil, en mai tu te rappelles,
T’avais à peine vingt ans, des idées plein la tête.
Tu bossais pas souvent, t’aimais mieux faire la fête,
La grève fut l’occasion de te montrer rebelle.

Là, tu l’as rencontré cette jeune fille délurée,
Elle portait les couleurs de la lutte déclarée.
Elle voulait même casser les flics à coup d’pavés,
Alors t’as dit amen à toutes ses pensées.

Derrière les barricades, vous vous êtes même aimés,
Tu n’as pas supporté quand le flic l’a frappée.
Ce fut à l’hôpital qu’elle fut emmenée
Et toi et tes amis vous furent tous arrêtés.

Tu passas tes exams, mais tu fus recalé,
Tu ne pensais qu’à elle, t’étais sûr de l’aimer.
Tu partis au Népal peut-être pour l’oublier,
Et c’est à Katmandou que tu l’as retrouvée.

Mais elle avait changé, ne voulait plus s’rappeler.
Les moments du passé étaient morts enterrés,
Elle cherchait ailleurs un paradis perdu,
Dans la came elle sombrait et tu t’en aperçus.

L’été soixante huit, l’été de tes misères,
Son corps tu ramenas, dans une urne à son père.
Ton cœur est mort ce jour dans sa fumée légère,
Tu la contemples encore, urne sur une étagère.

Le galérien d’la route


Assis dans mon transat à l’ombre du balcon,
J’ai une pensée pour toi, forçat de l’autoroute.
Je sirote goulûment une menthe à l’eau glaçon
Pendant que toi tu peines, envahi par les doutes.

Arriveras-tu à temps au camping de la mer ?
Le bar de l’accueil s’ra t’il encore ouvert ?
Coincés dans ce bouchon qui ressemble à un piége,
Tu pestes et tu t’énerves, t’agitant sur ton siége.

Prends ton mal en patience, si le bar est fermé,
La mer s’ra toujours là, tu pourra t’y baigner.
Et puis pendant trois semaines, tu vas tout oublier,
Sauf chaque jour de trouver, un petit mètre carré

Pour pouvoir installer ta serviette sur le sable.
Elles sont bien tes vacances, mais j’préfére mon balcon,
Personne ne s’y bouscule, hormis p’t’être les glaçons.
Allez, j’arrête un peu, tu va croire que j’t’accable.

Il relisait d’une part les textes écrits par Gide avec sa présentation et d’autre part les textes saisis pour passer les filtres du Dictrilog, il se dit qu’il allait devoir trouver la solution pour ne pas avoir à modifier les présentations, d’ailleurs, impossible n’était pas un mot trop usité au VRAC. Il trouverait avant de conclure son projet du Dictrilog avec le mot fin.

1531248 Publié le 15/11/2005 à 23:17 supprimer cette contribution
l'histoire évolue, bouge, vit et la flamme s'eteindra mais les mots seront toujours là...
687672 Publié le 16/11/2005 à 04:56 supprimer cette contribution
Il n’y a pas de mort à travers les écrits. Chaque mot vit.

Relire et renaître
1489500 Publié le 16/11/2005 à 09:03 supprimer cette contribution
Merci Gimel pour ce beau voyage...

Le mot fin, il faut bien le poser, mais l'histoire peut continuer en mots vivants en nous !
1301487 Publié le 16/11/2005 à 11:01 supprimer cette contribution
Gimel
Nous ne pouvons qu'applaudir à ce fabuleux hommage rendu au vrac et à sa philosophie !
Quelle poésie !
908884 Publié le 16/11/2005 à 14:26 supprimer cette contribution
Citation:
Il trouverait avant de conclure son projet du Dictrilog avec le mot fin.

pleurer
.....

impossible ! rébellion !!!!
je m'insurge je vocifère
Gimel tu exagères
j'en voudrais des millions
de pages de ce récit
d'un vrac à l'infini
qui donne les mots au "dit"
ou d'une suite à la vie...

grand merci en tout cas pour tout ça, Gimel, quelle lecture tu nous as donnée !!

1592924 Publié le 16/11/2005 à 14:35 supprimer cette contribution
de la SF inédite Gimel et agréable à lire, on s'y croirait hé hé ! bravo l'artiste

à tout le monde, plus particulièrement à l'inspiratrice de ce topic et à la créatrice du vrac
1301487 Publié le 16/11/2005 à 18:58 supprimer cette contribution
Perle
Quel enchantement de lire ta contribution, précieuse perle raffinée !
Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 17/11/2005 à 00:32 supprimer cette contribution
Nombreux ont été les précédents épisodes qui pouvaient laisser penser à une fin, rien de plus logique, je n’avais aucune suite à l’esprit et puis sans vraiment trop chercher mon imagination a fait son chemin, elle a construit une suite qui en a entraînée une autre et je me retrouve comme ça avec plus de 60 pages de textes. Vous en êtes un peu coupables , parce j’aurais plutôt une tendance naturelle à aimer flemmarder , et je vous avoue que trois ou quatre pages par jour c’est du travail, mais aussi une certaine jouissance , et puis, je ne peux pas laissez pleurer Ptitange , alors je ne vous promet pas la lune, quoique avec un peu d’imagination vas t’en savoir, mais je vais vous écrire quelques pages supplémentaires, c’est promis , je vous demande juste un peu de patience, j’ai tendance à négliger les poésies qui sont les écrits que j’aime avant tout.

Wuji le piège a bien marché le mot fin était un leurre

Comète oh oui les paroles s’envolent les mots eux restent

Marie-amélie l’histoire nous appartient et pourquoi pas l’avenir

Féline seul le plaisir est important

Felipe sans les femmes nous ne sommes rien

Ptitange ne te fâches pas rien que pour toi j’en écrirais mille de plus

Basil je vais t’avouer une chose je reviens d’un voyage dans l’avenir

Perle tu dis écrivain , faut pas pousser hein ! disons que je pousse la plume et merci pour ton « enchantement » , je l’imagine bien passant par le Dictrilog


Gimel - 986228lui écrire blog Publié le 17/11/2005 à 00:46 supprimer cette contribution


Gwen était prêt juste à temps, l’Ange rentrait dans son bureau en compagnie de Yann, elle vint embrasser Gwen en lui disant :

« Alors il parait que tu va me faire pleurer ? »

Gwen se trouva un peu pris au dépourvu, il bafouilla quelques mots incompréhensibles il finit par se reprendre pour dire :

« Je m’en voudrais l’Ange, j’ai eu tellement d’émotions depuis quelques jours qu’il est possible que vous soyez vous aussi très émue, mais ne m’en veuillez pas, je pense que la cause est bonne, mon intention n’est pas de jouer aux apprentis sorciers. Je vous ai préparé quelques minutes avec le Dictrilog, tout d’abord Gide va déclamer deux de ses poèmes à savoir : « Barricades cœur brisé » suivi de « Au fil de l’eau », ensuite ce sera à vous de nous dire « Touches…d’approche » et Gide finira avec « Le galérien d’la route ». Pour enlever l’impression de vide entre les dictions, j’ai crée quelques phrases de transitions, sinon nous aurions eu une poésie, un blanc et ainsi de suite, j’ai essayé de recréer une discussion entre amis ponctuée avec leurs poésies. Une dernière chose, j’ai prononcé tout à l’heure le nom du Dictrilog, c’est le nom que j’ai imaginé pour ce procédé. »

« Mais non Gwen je ne vous en voudrais pas, je vais sûrement être très émue mais peu importe, mais dites moi, pourquoi n’invitez vous pas nos amis pour qu’ils puissent eux aussi avoir leur part d’émotion ? »

« L’Ange, je préférerais si vous le voulez bien que nous regardions tous les trois, je ne vous cache pas que c’est très émouvant, nous les inviterons à se joindre à nous après l’avoir visionné une première fois »

L’Ange acquiesça, elle comprenait que Gwen faisait preuve de tact pour procéder ainsi. Il lança la diffusion, les hologrammes de l’Ange et de Gide échangeaient quelques banalités quand Gide proposa de lire quelques uns de ses derniers écrits pour avoir l’avis de son amie, il déclama son premier texte sur un ton triste et nostalgique et quand il prononça le dernier vers : « Tu la contemples encore, urne sur une étagère. » son regard semblait même dans une réelle contemplation, l’hologramme 3D de l’Ange semblait triste ému par la diction de son ami, elle lui dit d’une voix douce,

« J’aimes beaucoup ton texte mais je n’aime pas que tu repenses à ces moments qui sont les tiens et qui te font encore mal »,

Gide lui répliqua,

« Ne t’inquiètes pas tu sais que c’est pour moi une manière de vider mes abcès, tiens d’ailleurs laisse moi te dire ce petit dernier, tu vas encore m’engueuler, il parle de ma mort, mais il n’est pas triste, tu sais que je veux me faire incinérer, eh bien j’ai écrit ces quelques vers pour rassurer un peu ceux qui m’aiment, qu’ils sachent que ma sépulture sera plus accueillante qu’une pierre glacée dans un sinistre cimetière »

Son hologramme déclama avec une certaine joie les vers de son poème, il parlait de la mort mais c’était comme si il décrivait un hymne à la vie.

L’hologramme de l’Ange disait :

« Si j’avais lu ton texte, je l’aurais peut-être trouvé triste, mais avec ta façon de le déclamer, c’est comme s’il inspirait la joie, ou du moins la quiétude près de tes chères cascades ».

« Merci l’Ange, mais dis moi, j’aimerais qu’à ton tour tu me dises ton merveilleux texte. »

L’Ange ne se fit pas priée, elle déclama

« Touches… d’approche »*


« J'ai fait le tour de toi, n'osant trop t'approcher
Enlevant ça et là une poussière déposée
Toi, si majestueux, brillant de ta laque noire
Comme un défi lancé à ma triste mémoire
Il fallait que je sache si je pouvais jouer
Il me fallait entendre les notes pour exister

J'ai osé ouvrir l'antre, l'oblique de tes courbes
M'a attirée ce soir, je te voulais à moi
Un duo d'entre nous, toi seul savait pourquoi
Je devais en cet instant m'asseoir pour de bon
Ne plus fuir ton espace, affronter l'émotion

Mes mains, sur tes touches, tremblaient comme des feuilles
Que je veux balayer, brûler en signe de deuil
J'ai retenu mon geste, comme on retient ses larmes
Je n'avais plus le sens, des notes de mon âme

J'ai lutté contre toi, inspirant ta jouissance
A renaître avec moi pour entendre tes nuances
Puis retiré mes doigts, avouant ma défaillance
Mais tu étais si fort, que mes mains sont venues
Te caresser d'abord, t'effleurer en douceur
Puis me laissant aller, jouer de mes douleurs

Tu as supporté mes attaques, tes touches meurtries
En comprenant que là, il fallait que tu plies
Sous mes doigts enivrés de t'avoir retrouvé

L'émotion est si forte, je n'peux la partager
Qu'avec toi, mon piano, qui m'a si bien aidée
En t'alliant à mes gestes, à ma félicité "


Dans la voix un mélange d’angoisses, de peurs pour finir sur une note ou l’on devinait le bonheur d’avoir surmonté une épreuve, le regard de l’hologramme de Gide était rempli d’une grande émotion, on pouvait presque sentir les larmes affleurer à ses yeux, mais il se reprit vite, peut-être pour mieux cacher son émotion, et il dit :

« Tiens je t’offre mon dernier, une gentille bluette pour me moquer de ceux qui tous les ans sont vraiment de plus en plus masos… »

Et il déclama mi rieur, mi moqueur son Galérien d’la route, ce qui eut pour effet d’illuminer le visage de l’hologramme de l’Ange d’un large sourire.

Gwen coupa la diffusion, il regardait l’Ange, puis Yann, ils étaient muets. Ce fut l’Ange qui prit la parole :

« Gwen, merci, merci, oui vraiment merci, tu es assurément un sorcier. D’entendre Gide alors qu’il n’est plus là c’est déjà presque miraculeux, si tu nous avais fait écouter seulement un texte d’une manière brutale, je me serais effondrée en larmes, mais de le faire revivre par ses petites phrases de transition, j’ai presque faillit croire que c’était ses propres phrases, quand en plus tu me fais lui répondre, je croyais rêver, j’ai même pensé qu’il s’agissait d’une discussion que nous avions eu il y a près de quarante ans et là tu as été génial, quand à me faire déclamer mon poème de cette manière, eh bien je suis bluffée, mon hologramme a exprimé ce que j’ai voulu dire le jour ou j’ai pondu, non pas pondu Gide n’aimais pas ce mot ou j’ai écrit ces vers, cette créagitation. Je ne pourrais pas lui donner une telle ampleur si je le déclamais moi-même, décidément la machine est plus forte que nous, ton projet, le Dictrilog est franchement merveilleux et il ouvre des portes fermées à double tour depuis des générations, et comme me disait Yann, c’est l’outil idéal pour que les gens comprennent et aiment la poésie, appelle tout le monde, ils doivent absolument entendre cela… »

Et c’est ainsi que tous nos amies et amis prirent place dans le bureau de Gwen, ils écoutèrent dans un silence quasi religieux les hologrammes de l’Ange et de Gide qui discutaient comme des amis, qui déclamaient leurs textes avec tant de bonheur, ils étaient toutes et tous émerveillés, et lorsque Gwen mit fin à la diffusion ils applaudirent tous, un geste bien inhabituel dans les locaux du VRAC, tous vinrent féliciter Gwen, Sylvie lui murmura :

« Gwen tu es génial, je suis si heureuse pour toi mais aussi pour la poésie, as-tu trouvé pour la présentation des textes, bien que ce soit secondaire »

Gwen lui répondit:

« Ne t’inquiètes pas, je te promets que je vais trouver, je ne sais pas encore comment, mais uniquement puisque tu le souhaites, je n’ai pas le droit d’échouer. Si j’ai obtenu ce résultat aujourd’hui, tu en es aussi responsable et en plus je veux faire quelques expériences poétiquement parlant et tu vas devoir m’y aider, oui Sylvie je ne vais pas pouvoir me passer de toi ».

Naissance d’une idylle ou nécessité d’une alliance d’une passionnée de poésie et d’un inventeur génial, qu’importe c’était une pierre de plus apportée pour consolider les murs d’un VRAC aux ressources encore à explorer....



*Poésie de Ptitange mise sans son autorisation




<Précédente | 2 | 3 | 4 | Page 5 | 6 | 7

Forums > Plaisir d'écrire Ecrire une contribution Retour au début de la page


<< Précédent | En hommage au Vrac.| Suivant >>

Accueil | Conditions générales | FAQ | Contact | Créé par CAPIT
 Accueil
 Mon Menu Perso
 Rencontre
 Messagerie
 Chat
 Espace membre
 Expressions

 Vos textes
 Concours

 Poésie
 Les Auteurs
 Le top 30

 Déclaration d'amour
 Les Auteurs
 Le top 30

 Albums photos
 le top 30

 Plaisir d'écrire
 Plaisir de lire

 Les chansons
 Les contes
 Les nouvelles
 Les journaux
 Les discours
 Les présentations
 Les chroniques

 Forum
 Santé
 Sexualité
 Mariage
 Astrologie
 Jeux
 Voyager
 Humour
 Editorial
3 connectés au chat
11 connectés au total
Consulter l'annonce
ajouter aux favoris En hommage au Vrac.