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rêves d'antan

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-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 22:54 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
je n'ai retrouvé que deux morceaux... je cherche les autres


-La semaine dernière, quand tu es sortie, j’avais songé…
-Songé ?
Je t’entends à peine. Ta voix est si basse à force de n’avoir personne à qui parler. Ce mot, je ne te l’avais jamais entendu prononcer. Tu n’as jamais pris le temps de t’arrêter, tu n’as jamais pris le temps de te raconter. Tu n’as jamais pu rêver. Prise par le courant, les va-et-vient de la vie, tu n’es pas de celles qui savent s’arrêter sur les bords de la vie, pour y déposer les relents d’émotions, les alluvions du sommeil. Le seul endroit où tu te permets de vivre vraiment tes rêves d’adolescentes : les « songes » comme tu me dis. Tu l’utilises plutôt que rêve, garde-t-il pour toi un côté magique, un côté conte de fées ?
Tu te rapproches encore du poêle au charbon. A ton dos voûté sous ton tablier de toile, à ta tête inclinée, comme pour mieux cacher ,je ne vois que tes cheveux gris roulés en chignon serré, je devine que tu pleures. Tu pleures de n’avoir plus personne à soigner, à attendre, à servir : Grand papa est mort, je suis partie pour la vie, parcourir ce monde qui m’a trop longtemps été refusé.
Je me revois 20 ans plus tôt, enfant fragile, timide, appelant du plus profond de la nuit. Tu venais aussitôt avec tes mots rudes, ta silhouette ronde et pressée –même quand tu prenais ton temps tu courais- pressée et inquiète, tu posais ta main sur mon front brûlant. Et déjà je me sentais guérie. Tant de fois grâce à ta main, tu m’as sauvée…



-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 19/10/2006 à 22:58 supprimer cette contribution
Ton rêve, je pense résume tant d’années d’amour, vingt longues années. Tant de nuit à veiller, les jours à m’accompagner sur le chemin de l’enfance dont tu avais déjà perdu les traces. Puis sur le chemin de l’adolescence, en me gardant de cette blessure sourde que tu devines et dont tu ne m’as jamais parlé.
Ta tristesse m’explosant ainsi au visage me blesse, me bouleverse. Je me sens mal de te quitter déjà demain. Je suis là inutile les mains posées sur la toile cirée, je regarde mon bol de café, vide, lui aussi inutile, désespérant, pendant que tu pleures, malhabile à adoucir cette vieillesse où tu redeviens une enfant.
Je rêve de ce pas, je te serre contre moi, je te caresse les cheveux, le dos qui te fait mal…
Elle est si rare cette tendresse entre nous. Mais je sais… tu me repousses : ces gestes t’encombrent, te rendre maladroite. Mais je te sers encore du café, geste plus efficace et plus acceptable. Il nous replonge dans le cours normal des choses…
J’avale aussi une dernière goutte comme pour chasser ces images qui me montent aux yeux et les font s’enflammer. Et c’est comme une grosse larme qui me reste là, en travers de la gorge…
Tu as rêvé de moi, enfant ? Mais tu refuses de me dire, de me conter mon enfance. Tu me racontes le beurre passé en fraude, les soldats allemands qui s’arrêtent au café où tu travaillais pendant que Grand papa te regardait et les fusillait mentalement. Tu ris à ce soldat, mais cela ne pouvait être différent !
Ils te saluent et repartent. Tu ne vois pas le danger. Tu hausses les épaules et reprend ta tâche distraitement. Comment étais-tu lorsque tu avais vingt ans ? Tu ne m’as jamais parlé de toi…
Dans mon histoire tu prends si peu de place. Ton absence, je la comble de rêves, tu le sais, mais tu ne veux pas qu’il en soit autrement.


913080 Publié le 20/10/2006 à 17:56 supprimer cette contribution
pioche, domie, pioche...
1374418 Publié le 20/10/2006 à 20:46 supprimer cette contribution
encore.... encore ....va à la pioche.... c'est trop bon !!!
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 10:22 supprimer cette contribution
je pioche et je retrouve enfin...
mais ici la deuxième version...

vous trouverez donc... des redites...
mais j'ai choisi de les laisser...
car pour moi elles signifient quelque chose...

et comme écrire est peut être un peu comme une thérapie...

je laisse alors mes pENse-ments... puisque les pensées avec les flitres du souvenir nous font un peu mentir sur nous-mêmes.
Mais si ces pansements servent à guérir...je peux donc laisser vagabonder mes pensées...

n'est-ce pas un peu trop compliqué pour un début de journée... aïe sur quel ton vais-je donc la finir???

un peu d'ironie ne me fait pas de tord...
donc je disais???

voici l'histoire revue et corrigée...





-La semaine dernière, quand tu es sortie, j’avais songé…
-Songé ?
Je t’entends à peine. Ta voix est si basse à force de n’avoir personne à qui parler. Toujours enfermée dans l'image que tu te faisais de toi. Tes parents acharnés à gagner quelques sous, n'ont jamais imaginé qu'un enfant avait besoin d'être écouté.
Ce mot, je ne te l’avais jamais entendu prononcer. Tu n’as jamais pris le temps de t’arrêter, tu n’as jamais pris le temps de te raconter. Tu n’as jamais pu rêver. A-t-on le temps de rêver quand il y a tant de bouches à nourrir et si peu pour les satifaire?
Prise par le courant, les va-et-vient de la vie, tu n’es pas de celles qui savent s’arrêter sur les bords de la vie, pour y déposer les relents d’émotions, les alluvions du sommeil qui t'a pressé de rêves. Mais je me demande si en fait tu as vraiment rêvé!
Le seul endroit où tu te permets de vivre vraiment tes rêves d’adolescente : les « songes » comme tu me dis.
Tu l’utilises plutôt que le mot "rêve", garde-t-il pour toi un côté magique, un côté conte de fées ? ou une autre signification mystérieuse qu'aucune personne n'a jamais partagé avec toi? Avais-tu une amis avec qui délirer comme le font toutes les adolescentes de toutes les générations?
Tu te rapproches encore du poêle au charbon. A ton dos voûté sous ton tablier de toile, à ta tête inclinée, comme pour mieux te cacher,je ne vois que tes cheveux gris roulés en chignon serré, je devine que tu pleures.
Tu pleures de n’avoir plus personne à soigner, à attendre, à servir : Grand papa est mort, je suis partie pour la vie, ma vie, pour parcourir ce monde qui m’a trop longtemps été refusé.
Je me revois 20 ans plus tôt, enfant fragile, timide, appelant du plus profond de la nuit une mère qui ne venait pas.
Tu venais aussitôt avec tes mots rudes, ta silhouette ronde et pressée –même quand tu prenais ton temps, tu courais- pressée et inquiète, tu posais ta main sur mon front brûlant. Et déjà je me sentais guérie. ô mains magiques qui souvent encore glissent sur le front quand le stress m'innonde.
Tant de fois grâce à ta main, tu m’as sauvée… de mes rêves de maladie. Si j'étais malade, c'était pour sentir ta main qui me disait vivante.
Ton rêve, je pense résume tant d’années d’amour, vingt longues années.
Tant de nuit à veiller, les jours à m’accompagner sur le chemin de l’enfance dont toi, tu n'avais pas gardé les traces. Puis sur le chemin de l’adolescence, en me gardant de cette blessure sourde que tu devines et dont tu ne m’as jamais parlé.
Ta tristesse m’explosant ainsi au visage me blesse, me bouleverse.

Je me sens mal de te quitter déjà demain. Je suis là inutile les mains posées sur la toile cirée,
je regarde mon bol de café, vide, lui aussi inutile,
désespérant, pendant que tu pleures,
malhabile à adoucir cette vieillesse où tu redeviens une enfant.

Je rêve de ce pas, je te serre contre moi, je rêve de cette caresse , je caresse tes cheveux, le dos qui te fait mal… Les rôles semblent s'inverser. Je joue ton rôle et je te comprends mieux. Ce besoin de tendresse dans cette demande et jamais comprise.
Elle est si rare cette tendresse entre nous. Et toi? qui a pur te la donner?
Mais je sais… tu me repousses : ces gestes t’encombrent, te rendent maladroite. Aujourd'hui je sais qu'ils t'étaient salutaires.
Mais je te sers encore du café, geste plus efficace et plus acceptable.
Il nous replonge dans le cours normal des choses… J’avale aussi une dernière goutte comme pour chasser ces images qui me montent aux yeux et les font s’enflammer.
Et c’est comme une grosse larme qui me reste là, en travers de la gorge… Tu as rêvé de moi, enfant ?
Maladresse du corps, maladresse de l'âme. Pourquoi faut-il toujours refuser ce qui ferait du bien? Les mots qui nous manquent, nous manquaient et qu'aujourd'hui encore sortent si difficilement me mangent et me rongent. Et en fermant les yeux, je les étale de force comme dans un désenvoutement.
Mais tu refuses de me dire, de me conter mon enfance.

Tu me racontes le beurre passé en fraude, les rations échangées, les soldats allemands qui s’arrêtent au café où tu gagnais quelque argent pendant que Grand papa te regardait et les fusillait mentalement.

Tu ris à ce soldat, mais cela ne pouvait être différent ! Ils te saluent et repartent.
Tu ne vois pas le danger. Tu hausses les épaules et reprends ta tâche distraitement.
Comment étais-tu lorsque tu avais vingt ans ? Tu ne m’as jamais parlé de toi…

Dans mon histoire tu prends si peu de place. Ton absence, je la comble de rêves, tu le sais, mais tu ne veux pas qu’il en soit autrement.






-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 10:43 supprimer cette contribution


Citation:
Publié le 05/06/2004 à 14:18
________________________________________
Citation:
________________________________________
Dans mon histoire tu prends si peu de place.
________________________________________


Vraiment?

Quel bel hommage, pourtant...


posté par Carlow... à cet endroit de l'histoire....





Dans mon histoire, il y a deux héros : toi, ma maminou et toi, mon Grandpa,mon papinet! Je vous appelais ainsi dans mes silences, la tendresse n'est pas de mise dans ce milieu où en rencontre la misère à chaque coin. Ce n'était pas facile de vivre entre vous, vous étiez deux géants, qu'il me fallait chaque jour affronter...
Toi, le visage tiré, les cheveux en chignon serré, pas un cheveu ne brisait l'ordre établi à gand coup de brosse, toute en rondeur, silencieuse et polie, ton travail répété sans cesse, en bonne ménagère, toujours seule dans la grande maison au bout du village où coule le ruisseau, là où, tu le dis encore aujourd'hui, tu ne vois jamais passer une âme. Tu aimes cette solitude et tu t'en berces toujours. Il est hors de question de parler de déménager, de quitter ta terre. C'est sans doute cela ton rêve, cette terre qui t'a portée toujours vaillante, toujours debout.
Tu tiens en ordre la maison, le jardin, le poulailler, les cordons de la bourse, dans le train-train de chaque jour. Jamais un débordement, jamais un écart,jamais un sursaut, jamais une folie. Cette vie t'a rendue taciturne, rempart précieux à la démesure, à la dérive et à la violence de Grand-père. Volcan en perpétuelle activité., débordant parfois ou explosant. Mais c'était toujours en mots. Sa force c'était aux objets qu'il la mesurait. J'en ai vu exploser das chaises, qu'il caressait ensuite. Comme s'il se faisait mal à sas bras à son corps en ramassant les morceaux. Sans doute une larme, mais il se gardait bien de les montrer au grand jour.
Tu es là, et toi seule le contiens. Mais en toutes circonstances, tu gardes cet air, cette gravité qui l'exaspère encore plus.Il voudrait te voir exploser. Je le crois capable de colère rien que pour te voir un jour, un instant seulement,lui dire stop, te voir hors de tes gonds. Combien de fois ai-je assisté à vos mises en scène qui ne servaient qu'à mettre du relief dans vos vies tristounettes, qu'à mettre un peu de piment dans une vie de morne plaine.!
Cette colère ne me faisait pas peur, je la savais sans danger. Il fallait qu'elle s'évacue, la soupape a toujours bien fonctionné. Ces explosions contrastaient avec vos gestes de tendresse, lorsque tu caressais la nappe en la posant sur la table,... lorsqu'il déposait au milieu des poules, avec précaussions, le poussin échappé le matin... Mais cette tendresse qui se manifestait dans tant de gestes quotidiens, pourquoi fallait-il que les relations en soient si peu garnies...


-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 10:55 supprimer cette contribution
quand on me dit "Pioche!" hé bien je pioche!...

voulez-vous une pose???
ou je continue???


-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 11:00 supprimer cette contribution
UNE PAUSE...

ici je voulais le lien avec un album photo pour illustrer le pays qui est le mien...

je ne peux pas... je ne suis pas affection + je n'ai plus accès à mes albums...
triste
mais bon... vous pouvez y aller...
je vous souhaite de trouver le bon...

Citation:

c'est mon pays
Ce que je vous dis à ses racines
dans les recoins de ma mémoire
dans un pays de terrils
de larmes et de jours noirs

je vois les soirs
où tous les huit assis
le poële fume, le café chauffe
et les odeurs qui se mélangent

le bleu si bleu du ciel
le noir si noir de ces collines
entres les volutes de fumée
cela ressemble à un brouillard

Ce que je vous dis à ses racines
dans un passé qui me tient chaud
dans un pays froid gris de pluie
où nous courrions sur les terrils

posté le 5/6/2004



-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 11:31 supprimer cette contribution


Une vie triste, une vie grave!
cette gravité, c'est le signe de ta vie pesante.Jamais tu ne te laisses aller à rire, jamais une mimique, ni même un regard en sa présence.
Moi? je t'ai vue différente. Un air de musique et tu danses. Une pause l'après-midi dans ton travail, tu t'assieds et tu m'ouvres la boîte de biscuits et me sers un chocolat chaud...
Cette boite, je te soupçonne de l'acheter pour cette circonstance.
Pas n'importe laquelle, cette boîte assez chère, faite de mélanges,les "Delacre", rangés comme des bijoux dans des alvéoles dorées.
Tu en prends un délicatement, tes yeus brillent, et tu l'enfournes avec un plaisir évident. Moi, je te regarde, si tu prends celui que j'aime tant,...et j'éclate de rire. Rire cristalin, d'enfant.
Aujourd'hui je comprends ta manoeuvre.
Je t'imitais et je menaçais à chaque fois d'étouffer. Nous jouiions à nous battre en choississant nos préférés. instants-bonheur; instants-récrés.

Le jour ou Grand-père rentre plus tôt et nous surprend. Immobile sur le seuil, il nous regarde découvrant les malices possibles de sa famille.
Les yeux géants, je le regarde et éclate de rire à nouveau.
Toi, statufiée, tu le regardes, me regardes sans bouger la tête tu as repris ton sérieux, confuse d'avoir quelques instants rompu ce contrat de gravité et cela me fait rire encore plus. Vous êtes maintenant tous les deux en colère, vous me criez de cesser. Quel jeu silencieux jouiiez-vous tous deux? Quelles tactiques? et dans quels buts? Vouliez-vous vous venger l'un de l'autre? ou bien trop de pudeur pour révéler à l'autre votre humanité. Mais les mots qui me viennent sont dirigés par mes filtres? Quels sont donc les vôtres? Cela je crois que jamais je ne le saurai.
On ne déroge pas ainsi aux règles établies, on ne soulève pas ainsi impunément le poids de la vie ouvrière. La règle est établie.

Je me calme. Car il me reste cette victoire: car maintenant je connais vos faiblesses et sais provoquer ton rire maminou et le tien grandpa qui éclate en avalanches successives.
Chaque fois qu'il retentit dans cette maison froide , c'est une nouvelle victoire sur la dureté de ta vie, sur tes rides déjà bien profondes et qui se creusent chaque jour un peu plus et te font prendre un air plus grave encore. Comme si tu portais toute la gravité du monde. De ce monde des petites gens qui ont une vie monocorde, sans relief ni prétentions.


-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 11:36 supprimer cette contribution
petite pause/réflexion...
sans doute en réponse à quelques questions...



Citation:
manies-maladie... ma vie

Il y a des jours... il me faut écrire
J'appelle cela tous mes délires
comme si ces quelques mots lents
pouvaient anihiler tous mes tourments
certains en parlent comme d'une thérapie
salvatrice, bienfaitrice selon les envies
oui! protectrice si peu s'en faut
à vous de démêler le vrai du faux

s'il est vrai que quelques larmes
peuvent aussi bien avoir les mêmes armes
entre les deux! évident, moi je préfère
lâcher les digues, écouler des envolées de mots
faut-il être membre du club des sots
pour faire un choix différent, mon frère?

oh! j'entends déjà les puristes
qui de leur formation scolaire
lancent théories sans commentaire
oser écrire! C'est prendre des risques!

quelques mots écrits ou même mes refrains
ne comportent pas rythmes comptés
ou même quelques riches alexandrins
Je me dis peu m'importe le syncopé
ce qui importe c'est de laisser
au bord du texte quelques émotions
et si dans ma mêlée cela touche
l'un ou l'autre... si j'ai fait mouche
c'est qu'écrire était la solution
alors d'une pierre j'ai fait deux coups
qui peut alors me le reprocher?
peu me coûte de recommencer

mais par instants je me dis
c'est affreux! cela devient une maladie
qui m'accapare tout entier, m'asservit
mais en vrac, on ne punit pas ces manies!



Enregistré le 4 Juillet 2006 à 07:55




1374418 Publié le 21/10/2006 à 11:47 supprimer cette contribution
Merci Andémil ... continue à écrire, à laisser ces cascades de mots nous rafraichir .... et peu importe la façon, moi, tu me transmets des émotions lorsque tu me fais lire le livre de ton coeur ....mille merci à toi
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 12:08 supprimer cette contribution
ces instants


ces instants fugaces
ces épices au quotidien
me font goûter le bonheur
ces petits rires discrets
qui montent dans tes yeux
m'invitent à croire à ton bonheur

Ces petits cadeaux rieurs
qui m'invitent à partager tes jeux
me font rencontrer notre bonheur
ces marques de tendresse
s'égarent dans mon quotidien
courent et rattrapent mon bonheur
qui devient permanent
car nous le pratiquons
toutes les deux au présent


à maminou...

-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 21/10/2006 à 12:11 supprimer cette contribution
(à prendre au second degré! s'il vous plaît!)


J’ai mal au cœur j’ai mal à l’âme
Une sourde douleur me vrille la tête
Me monte l’échine et me tétanise
elle grimpe, s’immisce, se faufile
transperce mes cellules, mes neurones
me torture, me brûle, me consume
À en pleurer , hurler et je défaille
Je suis sans énergie, sans mesure
Cela me rend sensible
À vos douleurs
Je vous lis et je pulvérise
Ce qui me reste de frayeur
La maladie est là
Quelques minutes
Et dure des heures
Je ne contrôle plus la machine
Il me faut taper du bout des doigts
Pour calmer tous mes émois
Et aligner les mots, les phrases
Jusqu’à ce que le feu soit mort
Mais quel drame
Après
J’en veux encore
Écrire aujourd’hui
Tel sera mon sort
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 29/10/2006 à 09:37 supprimer cette contribution
je traîne un peu... mais tant de projets me bousculent de ces jours... et tant de lectures sur les autres fils...

voici la suite... côté grand-père...


Grand-père a le sang chaud, la colère bruyante, dévastatrice.
L'été, des tâches de rousseur parsèment ses bras, son visage. Il est ouvrier mineur, c'est une force de la nature, il porte une casquette sur le crâne. Je me suis toujours demandée si c'était pour cacher les cheveux qu'il n'avait plus.
Sa vie est toute en mouvement, faite pe paroles rudes et d'excès, de ronchonnemets, de colère. Jamais je ne l'ai entendu parler avec douceur.
Il boit trop, parle trop, rentre trop tard à la maison.
Tous ces "trop" font ta vie, ta personnalité, il se les offre ignorant ton reproche vivant! Ces contradictions me heurtent, me bousculent et je vous adore.
Vos deux natures me modèlent, me déchirent parfois aussi.
Vous vivez chacun en parallèle. Son rythme à lui est impulsif, imprévisible, mystérieux.
Il part travailler chaque matin, c'est la seule certitude.
Ses retours, il les décide sur la route, il rentre tôt et tu es là souriante, ne disant rien aucun reproche comme aucun contentement, ta vie est uniforme, tes humeurs aussi.
Le plus souvent, il rentre se change et repart après avoir enfourné son repas sans un mot. Jamais, il ne parlait de ses ténèbres, de ces descentes dans le puits, de ses amis. En avait-il finalement?
Ni toi ni moi, ni personne d'ailleurs n'avons prise sur lui.
Ta vie se résume à attendre, c'est ton lot, lui c'est le droit de rentrer quand il veut.
Seul le malheur d'autrui semble t'extraire de ton chez toi. Pour visiter un parent malade, hospitalisé ou mourant.
En fin de semaine vos vies se croisent vous vous frôlez en silence dans cette vaste maison, sombre, risquant à chaque instant à faire exploser l'étincelle, la colère.
Il me rend parfois malade ce chassé-croissé silencieux.
J'essaie de m'y faire... mais parfois il me vrille le ventre, et je pars dans des nausées qui vous désarment.

Parfois le dimanche excédé de ne rien faire Grand-père tourne en rond , ronge son frein, et toi sans rien dire tu sors, prends ta bicyclette et vas chez une voisine prétextant une demande d'aide. Juste pour l(obliger de rester avec moi. Juste pour qu'il te voie partir et qu'il tente de te rappeller...
Mais tes manoeuvres, il les connait et jamais ne s'y oppose...
Et tu pars en rage et tu te venges sur les pédales.
Tu es vite essoufflée, mais tu te sens revivre. Il te suit des yeux par la fenêtre et sourit d'un air moqueur, tandis que tu remontes la rue sans mettre un pied à terre.
Mais toi, tu jubiles de l'avoir planté là, sachant qu'il ne me laissera pas pour rejoindre ses "voyous" comme tu lui craches souvent au visage...
Lorque tu as disparu, il se retourne l'air vaincu, sa cigarette éteinte, il cherche à s'occuper.
Il déteste prodigieusement être celui qui reste. Mais toi, tu viens de remporter encore une fois une douce victoire; la bataille silencieuse. Dont je ne sais pas s'il y aura un vainqueur!
Moi, aussi quand je serai grande ,...
et,...
je serai celle qui part!
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 30/10/2006 à 19:03 supprimer cette contribution
Merci à toi Grand-ma

tu m'as appris
tu ne m'as jamais empêché de lire
de composer, dessiner, écrire
tu m'as enseigné la vie, le travail, le labeur
des tâches domestiques, ménagères
tu m'as appris à être femme à ta manière,
car tu ne connaissais pas d'autre chemin
Je ne sais quelle magie,
quel miracle m'a fait deviner une autre route
aujourd'hui encore ces souvenirs me déroutent
que suis-je devenue?
pas celle que tu voulais.
Tu espérais me garder.
J'ai grandi...
pour cela je te dis
simplement merci







Jamais tu ne t'arrêtes
tu m'ordonnes de m'asseoir
je grimpe dans le divan,
les jambes repliées
je ne peux te gêner quand tu briques
à genoux, tu fais glisser la serplière,
d'un côté, puis de l'autre ramenant vers toi l'eau.
Tu finis de nettoyer la pièce
tu secoues le balai sur le seuil
Tu balaies le trottoir où des feuilles s'envolent bousculées par ton passage
Je te suis des yeux, guette chaque geste
Tu rebrousses chemin et agrippes le tapis
tu le bats contre le mur
la maison fait caisse de tambour.
Jamais tu ne t'arrêtes.

Pour le repas de grand-père,
tu épluches les légumes
tu cours chercher du thym
une feuille de laurier sèché
La tête me tourne à suivre ton manège
tu marches, tu portes,
tu frottes, tu laves,
tu brosses
du jardin à la cuisine,
de la cave au grenier
du vaisselier au pré
du pré à la cuisine
Jamais tu ne t'arrêtes .

Bon, tu as gagné
que veux-tu que je fasse?
ce n'est pas pour t'obéir!
mais je veux te dépasser
je serai la plus courageuse
je serai plus ouvrière,
je rangerai la remise
je vaincrai la rouille
je gommerai l'usure

tu ne seras pas seule à endurer,
tu ne seras pas seule à affronter
Je vais t'aider
Jamais tu ne t'arrêtes.
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 30/10/2006 à 19:04 supprimer cette contribution
A ton retour, tu es souriante. J'aime ces retours...
Tu déplaces de l'air et tu l'encombres, le tortures. Les joues roses, fouettées par le vent, tu sembles rajeunir.
Je suis sûre que tu as descendu la rue comme une folle, sans freiner, te laissant proter par ta bicyclette.
Quand je t'entends , je viens en courant à ta rencontre. A peine la bicyclette posée contre le mur d'enceinte et Grand -père enfourche sa moto.
Il rentrera tard comme pour se venger. Toi, tu poses sur la table une tarte au sucre, et tu la découpes en quart..
C'est le seul domaine où tu ne radines pas. Après la première part à peine terminée, tu me dis d'en reprendre une autre.
Je n'ai plus faim mais j'accepte. Je ne veux pas te refuser ces seuls moments d'intense tendresse.
Au fil des années, ta raideur, blesse Grand-pa, chaque jour un peu plus.
Ta hauteur revêche prend le dessus sur les moments de franche rigolade que tu devais avoir. Lui, se lasse, il prend l'habitude d'aller chercher ailleurs, au-dehors il recherche un peu de séreinité, un peu de joie de vivre.
Ses moqueries te blessent, ton austérité lui fait de plus en plus peur.

Vous vous parlez à peine et vous vous entourez d'un rempart de silence. Quelle parcelle d'amour vous reste-t-il encore? Grand-père est mon soleil, mon chêne, il m'aime, j'en ai la certitude.
Il m'emporte dans ses bras démesuré, me dépose à califourchon et il enfourche sa moto. Agrippé au tissu rude de sa sa.lopette, je me penche pour mieux le voir, le regarder, je ris de ses yeux mi-clos par le vent.
Il accélère, sourit.
J'aime ce sourire qui illumine son visage et lui donne une grandeur infiniment douce.

En quelques minutes, nous sommes au café du village. La salle est pleine de mineurs, je les connais tous.
Aussitôt entré, il est emmené par ses "potes" et entame une partie de billard.
Je vais m'instaler au fond près de l'aquarium. Je l'adore ce coin tranquille, car je peux les observer tous.
Coutelas est merveilleux dans sa chemise à carreaux en molleton. Il lui pend toujours une pipe en écume. Serait-elle fixée à la glue, jamais je ne l'ai vu sans elle.
On sert des bières brunes. Marianne m'apporte un morceau de chocolat, elle le sort comme par magie, il apparait entre ses doigts.
Il m'en a fallu des années pour découvrir son astuce. Je sors et vais m'asseoir au bord de la margelle, je tourne autour du plan d'eau et le laisse fondre en bouche un temps infini, je le laisse durer. J'aime ces moments d'éternité où le temps m'emporte.
J'aime sentir fondre le chocolat et ma salive se sucrer de cette friandise.
Je tourne et parle à chaque fois à ces poissons , car ils me suivent. Je leur parle à mi-voix.
La nuit tombe et j'ai froid. Je rentre, il jette un oeil à l'horloge et soupire. Dans le café, le ton a monté.
Les rires explosent, les enguelades aussi. Arrive cet instant où j'aspire à ce qu'il me reconduise. J'ai peur de Jules qui crie, prêt à empoigner le premier qui le contrarie.Mais, sur le comptoir sont alignées les chopes, chacun paie sa tournée, on est partis pour des heures encore.
D'une voix pâteuse, Grand-pa me demande ce que je veux,prêt à me suivre, je lis dans ses yeux une immense tendresse. Mais sans attendre la réponse, il se laisse emporter par ses amis.
Je repars vers l'étang. Les rires des buveurs résonnent dans mes oreilles. Dans ces moments-là je t'aime et te hais à la fois.
Une femme passe, j'ai honte dêtre là.
Elle ne me parle pas, je crois que je la mordrais tant j'enrage contre toi de m'obliger à vivre cela!
Tu me dis parfois que l'enfer est là, sous ces toits, dans ces maisons apparemment tranquilles? Où les gens , les méchantes langues colportent le moindre ragot.
La porte s'ouvre et trois hommes sortent pour uriner. J'entends des éclats de voix et je te cherche des yeux. Je te reconnais au milieu d'eux. Tu es saoul et à cet instant, je ne parviens plus à t'aimer. J'ai envie de pleurer, de te frapper.
Je te rejoins en courant, tu chancelles. Tu mets la moto en marche, je grimpe, tu me vois trembler et tu me poses délicatement ta veste sur mes épaules. "Allez, on y sera dans deux minutes"...
Tu nous attends dans la cuisine, le repas est froid, comme ton regard. Mais tu ne diras rien, comme à chaque fois.
Lui t'en voudra, il aurait préféré que tu cries, que tu hurles, pour pouvoir te répondre sur le même ton, mais surtout pour se sentir vivre.
Je le sers, il se sait en faute. Ton silence l'incommode, attise le feu de l'alcool qui brûle en lui.
Il se lève brusquement, renverse la chaise, menace de te frapper.
Je le retiens. Il s'assied, j'entends claquer la porte, tu as fui. Je ne veux pas montrer que j'ai peur, que je vais pleurer.
Ta colère gonflerait plus encore. Tu n'arrives pas à manger et je te raconte n'importe quoi. L'important est de te garder là, tranquille.
Tu m'écoutes sans m'entendre, cela ne fait rien. Tu t'endors sur la table, et moi sans bruit je monte me coucher.
-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 02/11/2006 à 15:57 supprimer cette contribution
poussières et souvenirs


Dans la maison où n'entrent plus que les souvenirs
Glissants à pas de loup sur le carrelage usé
souvenirs-ombres de rien,
souvenirs discrets comme des filets de rides
souvenirs qui figent les silences
qui éventent les parfums
qui flétrissent les protraits trônant sur la cheminée.

Dans la maison qui dort
je découpe avec application
les images du temps
les images des saisons révolues.
Le temps ne compte pas.
Le temps ne se compte plus.
J'écoute passer les heures.
La vie sommeille
Tout glisse vers l'extinction
La poussière seule virevolte dans l'air,
seule dans des choses tôt oubliées.



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