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Exploration du désir sexuel chez quatre femmes dans une perspective féministe

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3.7 Les fonctions de la nourriture: excitation, compensation, protection

Dernier facteur particulier associé au désir sexuel féminin présenté à l'intérieur de notre étude, la nourriture jouerait certains rôles face au désir sexuel des femmes. La nourriture occuperait trois principales fonctions reliées au désir sexuel des femmes: excitation, compensation et protection. La nourriture permettrait aux femmes de contrôler leur désir sexuel et celui de l'homme. Notre réflexion sera principalement inspirée du dossier Bouffer, c'est pas d'la tarte!, concernant la nourriture et les femmes, écrit par diverses auteures dans le magazine La vie en rose. Ce dossier est un écrit émanant du courant de pensée du féminisme radical matérialiste.

Trois des femmes que nous avons interrogées ont souligné un lien qui existerait entre le fait de manger et l'expression de leur désir sexuel. Deux des femmes interrogées verraient dans la nourriture une façon d'assouvir ou de dévier leur désir sexuel. Pour sa part, France précise que le fait d'engraisser serait une façon de se protéger du désir sexuel de l'autre.

Guénette, à l'intérieur de son article Est-ce ainsi que les femmes mangent?, a défini de plusieurs façons la nourriture et ce pourquoi les femmes mangent. Un des motifs pour lesquels les femmes mangent serait pour échapper au jeu de la séduction. Nous croyons que la nourriture n'aurait pas pour unique fonction de ne pas séduire mais aurait aussi comme fonction de protéger la femme du désir sexuel de l'homme. France nous le démontre. Pour elle, engraisser et avoir de la graisse en plus deviendrait un moyen d'être moins attirante sexuellement. Loin des stéréotypes sexuels, être grosse deviendrait aussi une façon de se protéger du désir sexuel des hommes. France utiliserait sa graisse comme barrière. Cette barrière, elle aurait choisi de l'ériger afin de se protéger: "Je vais me remettre à maigrir parce que la barrière que j'ai érigée ben... Ma graisse c'est une barrière que j'ai, que j'ai choisie d'ériger là pour me protéger." (sic) (2-61)

C'est pendant qu'elle était avec son conjoint qu'elle aurait commencé à engraisser. Vivant beaucoup de harcèlement sexuel, elle ne voulait plus qu'il la touche et n'aimait plus coucher avec lui. C'est à l'époque où elle sentait qu'il utilisait son corps pour ses propres besoins à lui sans tenir compte de ce qu'elle voulait. Elle se serait alors dit: "Je me disais "j'veux plus qu'il me désire"." (sic) (2-9) Aujourd'hui, même si elle est seule depuis un an, elle continuerait de se protéger le temps qu'elle vive les étapes intérieures et extérieures lui permettant de retrouver sa confiance en elle: "Que je vais les enlever? Ben quand je vais me sentir bien. Là je me sens pas bien." (sic) (2-59)

Pour elle, il est clair qu'elle n'est pas prête à enlever ces barrières dont celle de sa graisse en plus. N'ayant pas suffisamment confiance en elle, elle estime qu'il ne serait pas le temps d'avoir un homme dans sa vie. Elle aurait donc besoin de se protéger afin de régler ce qui ne va pas bien avec elle et de faire le point: "C'est pour me protéger. C'est pour me protéger pour pas retomber dans le même pattern euh... Tsé je voulais faire le point. J'ai pas fini de faire le point encore avec moi-même." (sic) (2-58)

Guénette affirme que les femmes mangeraient pour compenser. Elles compenseraient un travail inintéressant, le fait qu'elles n'aient pas d'enfant ou le fait qu'elles s'ennuieraient. Nous croyons que la nourriture compenserait aussi chez elles une sexualité non vécue. Line et Myriam utiliseraient la nourriture dans ce but. Lorsqu'elle aurait du désir sexuel et qu'elle ne l'exprimerait pas, Myriam explique que son désir sexuel s'emmagasinerait et qu'alors elle deviendrait agressive: "C'est que y'a un moment donné ça fait, ça fait comme un genre de frustration tsé. C'est comme t'accumules, t'accumules. C'est pour ça tantôt que je dis, que je disais que je viens agressive verbalement, parce que il faut que cela sorte (rires)." (sic) (4-46) Elle serait moins tolérante et pourrait être blessante par ses paroles. Ne trouvant pas de voie pour s'exprimer, son désir sexuel viendrait l'obséder.

Comme je te disais tantôt, il faut tout de suite que je me change les idées comme quand je ne pouvais pas parce que c'est... je suis obsédée tiens v'là le mot. Je deviens obsédée. Je pense rien qu'à ça. C'est juste ça. Le monde me parlerait, il me parlerait au téléphone et non je suis encore là-dedans là. C'est un désir. C'est une emprise. Je suis obsédée. C'est tout. Je suis obsédée. (sic) (4-63)

Le contrôlant et s'empêchant de le ressentir, Myriam utiliserait la nourriture pour l'assouvir. Une fois qu'elle aurait mangé, elle en aurait oublié son désir sexuel. Il serait disparu: "Je vais le chercher sur le manger. Je reviens toujours là-dessus, mais c'est mon seul exemple. Pis là je bouffe, pis je mange, pis je mange, pis je mange. Là je me dis "je l'ai assouvi."" (sic) (4-45)

Line aurait vécu cette période au moment de sa grossesse et de la période subséquente à celle-ci. Elle affirme avoir remplacé sa sexualité par la nourriture: "J'ai remplacé ma sexualité avec mon manger." (sic) (3-65) Elle aurait pris alors beaucoup de temps à préparer ses repas. Elle est d'avis que le fait de manger remplacerait la sexualité: "C'est parce que ça me faisait triper. Ça m'excitait. Ça m'excitait de manger du chocolat. Je sais pas pourquoi là mais ma grossesse m'a fait ça là. Sexualité qui a pris le bord pis qui... qu'est-ce qui a remplacé, c'était ça le chocolat." (sic) (3-67)

Guénette souligne que la nourriture serait aussi un plaisir sexuel dans le sens où chair et bonne chère seraient indissociables. Elle ferait ici référence au mythe prétendant que les femmes grosses seraient des symboles de sensualité. Nous pensons que la nourriture semble être plus qu'un plaisir sexuel. Elle serait un excitant sexuel. Seule Line fait référence à la fonction excitatoire de la nourriture. La façon de manger et le choix des aliments composerait la nature sexuelle de la nourriture: "Quand tu manges pis t'as du plaisir à manger là... Hum, hum, ça peut être sexuel ça. Ça peut te faire triper à l'autre personne qui est devant toi. Ça peut donner faim à l'autre personne qui euh... Ça peut être sexuel ça aussi." (sic) (3-65)

Ainsi, nous croyons que la nourriture occuperait trois principales fonctions en matière de sexualité: excitation, compensation et protection. Nous sommes d'avis que les fonctions de compensation et de protection démontrent l'utilisation que les femmes feraient de leur corps en regard de la sexualité. La nourriture ingérée par leur corps leur permettrait de neutraliser leur propre désir sexuel et le désir sexuel des hommes.

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Auteur: Nathalie Tremblay

Article original sur http://www.ntic.qc.ca/~blaf/fr/theses/these_NT/index.html

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Créé et hebergé par Capit


Cette étude porte sur le désir sexuel féminin. À l'aide d'écrits féministes, nous cherchons à analyser l'influence des facteurs sexistes sur le désir sexuel féminin. Ces facteurs particuliers agiraient de façon à entraver l'expression pleine et entière du désir sexuel de la femme
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