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Sophie et les notes de pluie

Impression :

(Détail)

C'était au printemps il me semble; oui, début avril, quand les fleurs s'élancent vers le ciel et quand les cerisiers japonais se parent, tels des flamands, de rose et de blanc.
Probablement pendant les vacances de pâques, les vacances des premiers beaux jours qui s'allongent et des soirées ou Sophie pouvais jouer tard dans le jardin sans ce soucier des lendemains d'école.

La matinée avait été ensoleillée mais après le déjeuner une pluie douce et impromptue s'était invitée.
La tête posée sur une main, le nez collé à la vitre, Sophie était coincé à la maison à regarder derrière une fenêtre le jardin qui n'attendait qu'elle pour jouer ensemble.
Elle observait le ciel et les nuages essayant d'y deviner quelques bons présages. Mais la pluie, continuant de s'écouler lentement, ralentissait le temps et suspendait ses désirs d'exploratrice.

Il ne pleuvait ni fort ni finement, juste une pluie régulière aux gouttes distinctes et bien rondes. Elles rebondissaient sur le sol par ci ou abreuvaient délicatement les plantes par là. Des grosses gouttes éparses comme le plic-ploc d'une fin d'averse.

La maison était calme, elle aussi. Chacun vaquait silencieusement à ses occupations pendant l’heure de la sieste et seul le son lointain de sa sœur jouant au piano au rez-de-chaussée témoignait de la présence sonore d'un des occupants tout autant qu'il les berçait tous.

ploc, ploc, plic, ploc, Sophie essayait d'entendre les gouttes de pluie cristallines qui picotaient la rambarde métallique du balcon.

De ne les entendre, son imagination les inventa bientôt et je ne sais si quelques notes de piano lui parvenant de la chambre de sa sœur l'y aidèrent mais les gouttes d'eau se mirent à tinter, à composer une petite mélodie sans queue ni tête mais pas désagréable pour autant.

Chaque goutte en différents endroits venait frapper la rambarde du balcon comme autant de petits marteaux venant frapper les différentes cordes d'un piano.
La rambarde c'était transformé en instrument de musique et la pluie y jouait une mélodie incongrue.

Ting, ting, tong, ting, les notes claires et métalliques se succédaient au hasard d'un enfant essayant de jouer doucement une petite mélodie inconnue sur un xylophone.

En chef d'orchestre, son imagination fixait la hauteur des notes tandis que la pluie donnait le tempo. Le regard rivé sur la rambarde, son attention était extrême, chaque goutte de pluie était importante et pas une note ne devait manquer.

La symphonie dura encore quelques minutes puis la pluie s'arrêta et un arc en ciel vint récompenser notre musicienne en herbe.

Il était alors temps de mettre ses chaussures avant de dévaler l'escalier pour partir à l'assaut du jardin.

Ce jour là, Sophie découvrit les "notes de pluie" et jamais elle ne les oublia.
Depuis, quand une douce pluie ronde et régulière s'épanche au printemps, Sophie se remémore mélancoliquement la magie de cet instant. Il n'est pas impossible, alors, qu'une petite musique incongrue lui traverse l'esprit.




Enregistré le 7 Juillet 2010 à 15:04
par 2361174

Oeuvre Originale

Auteur :
Mike the bike

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